Audrey et le temps d'agir

Cinq mois se sont écoulés depuis la victoire de Jean Charest lors des dernières élections au Québec.

De nombreux commentateurs dans les médias anglophones du Canada en sont venus à la conclusion que le séparatisme est désormais chose du passé. De fait, la majorité de ces commentateurs ne respectaient plus le mouvement souverainiste depuis plusieurs années, ayant observé un déclin marqué du PQ dans les sondages d'opinion publique. À leurs yeux, la défaite humiliante de Bernard Landry, illustrée dans le documentaire, "À hauteur d'homme", ne faisait que symboliser la mort du séparatisme.

Ici, à Uni.ca, nous estimons que le séparatisme est un mouvement cyclique et que les commentateurs en question non seulement s'illusionnent, mais encore font preuve d'une impardonnable paresse intellectuelle. C'est s'illusionner en effet que d'interpréter la victoire de Jean Charest comme une acceptation inconditionnelle du Canada. Rien ne serait plus contraire à la réalité. Les Québécois se sont prononcés sur toute une gamme de questions au moment de l'élection, sur la réduction du fardeau fiscal, sur la fusion des municipalités, sur le désordre des services hospitaliers... Le triomphe de Jean Charest ne peut donc pas vu; comme une victoire définitive. Une telle interprétation serait du reste dangereuse. À ce stade, le Canada anglais devrait au contraire se montrer davantage proactif. La victoire de Jean Charest donne au Reste du Canada une autre chance de définir avec les Québécois la place de ces derniers au sein de la fédération. C'est une chance qu'il convient de ne pas gaspiller.

Pourquoi est-il essentiel de saisir cette occasion ? En fin de compte, l'émission télévisée "Canadian Idol" met en lumière un réflexe particulier au sein de la population québécoise, réflexe qui démontre le potentiel soutenu du mouvement sécessionniste. Lorsque la jeune Audrey Demontigny, une chanteuse de Sainte-Julienne, s'est classée parmi les quatre finalistes du concours, du jour au lendemain elle a été adoptée par les Québécois qui se mirent à regarder l'émission en nombre record. Mais quand elle a été éliminée à la ronde suivante, nombre de ces mêmes personnes ont conclu que son exclusion était due au fait qu'elle était francophone et du Québec. Cette réaction témoigne de la quasi paranoïa et de la méfiance enracinée des Québécois face au Canada anglais (suspicion qui existe dans l'autre sens d'ailleurs, le Québec n'ayant pas un monopole dans ce domaine). Une telle méfiance pose un grave danger à l'unité du pays.

Pour réduire cette appréhension, Jean Charest se doit d'obtenir des résultats tangibles pour le Québec. Si le contraire se produisait dans un contexte où les sécessionnistes chercheront par tous les moyens à raviver le nationalisme des Québécois, le retour au pouvoir d'un gouvernement péquiste lors des prochaines élections provinciales deviendrait inévitable. Par conséquent, c'est maintenant qu'il faut agir. Uni.ca en tant qu'organisme veut soutenir tous ceux et celles qui auront le courage et le leadership de favoriser le renouvellement de la fédération canadienne.



Page principale - Contactez-nous