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Que fait-on maintenant ? |
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Tout que vous avez appris à propos de l'unité canadienne a perdu sa validité.
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Jusqu'à tout récemment, le débat était la chasse gardée de nationalistes intransigeants, tels Landry ou Parizeau, et de fédéralistes absolus du genre de Stéphane Dion.
Or, voici que les péquistes se retrouvent dans l'opposition et que le professeur Dion tire sa révérence et s'en va enseigner à un autre auditoire. Les hommes à surveiller seront désormais les Paul Martin, les Jean Charest et leurs associés mutuels. Mais comment s'y retrouver alors que le relief politique se voit aussi radicalement modifié ? Est-il concevable qu'on puisse mettre complètement de côté le débat sur l'unité canadienne ? Pouvons-nous le considérer comme clos ? Aux yeux d'un certain nombre de Canadiens en effet, il n'y a plus lieu de débattre de la question, et pour eux qui ne voulaient pas en discuter de toute façon, la situation actuelle les confirme dans leur refus de dialoguer. Mais cette foule d'inconscients a tort et a eu tort depuis le début. Car, qui ne s'intéresse pas à l'unité du Canada ne peut comprendre le Canada. Pour un second groupe, le débat sur l'unité est devenu tantôt ennuyeux tantôt embarrassant. Bien sûr, ceux-làaussi ont tort. Subconsciemment, ils le savent du reste. C'est eux qu'on retrouve angoissés la veille du référendum à la gare d'autobus, en train d'essayer de se joindre au Rassemblement de Montréal. Le troisième groupe, lui, prétend se méfier d'une nouvelle ronde de débats constitutionnels. Il suffit de lire le National Post pour voir leur lâcheté en action. Construire un pays exige des attitudes bien différentes de celles-ci. La vérité, c'est que la question constitutionnelle a repris toute sa vigueur, tandis que le sécessionnisme est loin de s'estomper. À bien des égards, la situation rappelle celle qui prévalait au milieu des années 80, quand le sécessionnisme semblait sur le point d'expirer. Le caractère cyclique de cette tendance semble évident. Mais cette fois-ci, il y a plus que la question québécoise en jeu. Il y a aussi l'Ouest, et même Terre-Neuve qui viennent mêler les cartes. Le temps est propice à de nouveaux accords, même si de telles ententes seraient parfois de nature non-constitutionnelles. Il sera ainsi possible de régler plusieurs problèmes systémiques qui affligent notre fédération : les relations fédérales-provinciales; les villes; les Autchtones; la reconnaissance du Québec; l'aliénation de l'Ouest; le Sénat; le commerce intérieur; la monarchie, entre autres. Ce qu'il faut éviter à tout prix, c'est d'attendre la prochaine crise sécessionniste pour bouger. Nous aurions alors manqué le bateau de façon impardonnable. Nous avons besoin de leaders et de citoyens sufisamment courageux pour reconnaître que c'est maintenant qu'il convient d'agir. |
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