January 12, 2001

Lucien Bouchard’s Rage Against the Dying of the Light 

Lucien Bouchard knows that the Michaud Affair shines a bright light on the dark side of the Parti Québecois. The Parti Québecois is now choosing between its well-worn path into the valley of ethnic nationalism and the road that leads to the sunny high grounds of tolerance. To his credit, Mr. Bouchard tried to drag the PQ toward that high ground. His decision to give up that fight bodes ill for the fortunes of the Parti Québecois.

The path well-travelled

The PQ ethnic nationalists’ political formula is familiar to Canadians, Bosnians and others around the world. The convenient scapegoats and the well-worn humiliation myths make for a broadly understood, comforting catechism. Generally, Québec’s separatist politicians, academic community and media elite know this catechism well, repeat it in chorus, and feel it in their ancestors’ bones.

The old formula has sustained the Parti Québecois, particularly its hard line separatists. But the formula has not won referendums. Following the PQ’s last referendum defeat, Jacques Parizeau famously sang the ethnic nationalists’ swan song in decrying "money and the ethnic vote" as the nationalists’ latest scapegoats. Yves Michaud’s more recent comments aimed at the Jewish community confirm the ethnic nationalists’ failure to grasp that the political landscape in Québec is changing quickly.

The PQ’s traditional "humiliation discourse" - never fully understood by anglophones, aboriginals and allophones in Québec - now resonates much less with the young and the globally conscious Québecois than in the past. Traditional calls to defend the interest of a monolithic Québec "people" ring false as Québec’s allophone community comes to play an increasingly important role in Québec popular urban culture.

In short, the PQ’s traditional formula is increasingly out of touch with modern, pluralist Québec.

Battle for the sunny high ground

Lucien Bouchard understands all too well that the PQ needs to catch up to the rest of Québec. Separatists will continue to lose referenda if they cannot win the hearts and minds of at least some members of Québec’s minority communities. The enormous influence of the Michauds and Parizeaus in the PQ constitutes a losing condition.

However, the intractable problem for Bouchard was that the Parizeaus and Michauds are at the very heart of the PQ. Mr. Bouchard understands the importance of their strain of Québec nationalism only too well; he himself was the high priest of the humiliation catechism. Mr. Bouchard’s decision to resign highlights the difficulty of exorcising the ethnic nationalists at the very heart of the PQ without killing the patient.

To its credit, the Québec Liberal Party precipitated this crisis in the PQ by pushing Mr. Michaud’s comments onto the public agenda and presenting this enormous challenge to Lucien Bouchard’s leadership. If Mr. Bouchard had been able to exorcise Parizeau, Michaud and their ilk, then the PQ might have become a more formidable, modernized force in Québec politics. Because Mr. Bouchard failed to take up the challenge, Jean Charest faces a PQ’s devoid of its single best asset – a leader who understood that the well-worn path of ethnic nationalism leads nowhere and that the PQ needs to appeal to all Québecers.

Taking up the torch for our common values

Mr. Bouchard has decided not to take up the torch for values that bind Canadians throughout the country: the importance of fairness and tolerance, our dislike of bullies and finger-pointers, our suspicion of ideologues. Jean Charest must now shine a bright light on the common values that bind all Canadians together and the very different values that drive the Parti Québecois’ ethnic nationalists. That bright light, together with the changing demography of Québec, will be critical to winning the next referendum and to relegating Québec’s dark apostles of ethnic nationalism to political obscurity.

le 12 Janvier 2001

Lucien Bouchard et le déclin de la lumière

Lucien Bouchard sait que l'Affaire Michaud éclaire crûment le côté le plus sombre du Parti Québécois, un Parti Québécois qui doit maintenant choisir entre le sentier bien battu du nationalisme ethnique et la voie lumineuse de la tolérance. M. Bouchard a courageusement tenté d’entraîner le PQ dans la voie de l’honorabilité. La décision qu'il a prise de se retirer du champ de bataille à ce stade n’augure rien de bon pour le Parti Québécois.

Un chemin souvent fréquenté

L’approche politique que favorisent les nationalistes ethniques à l’intérieur du PQ en est une que reconnaissent aisément les Canadiens, les Bosniaques et tout citoyen dans un pays multiculturel. La tactique utilisée est tout d'abord d'identifier un ou des boucs émissaires; on répand ensuite des mythes d'humiliation au sein de la population et on finit par lui dicter un catéchisme plus ou moins thérapeutique. L’ensemble des politiciens sécessionnistes, des universitaires et des journalistes influents au Québec connaissent ce catéchisme par coeur, le répètent à l’unisson et y croient foncièrement.

C'est cette formule usée qui alimente le Parti Québécois depuis des années. Elle anime en particulier les sécessionnistes de la ligne dure. Mais elle n’a jamais permis de gagner un référendum. Lors de la défaite référendaire de 1995, Jacques Parizeau en bon porte-étendard des nationalistes ethniques avait trouvé le bouc émissaire parfait. «L’argent et le vote ethnique» étaient à blâmer, disait-il. À son tour, Yves Michaud en attaquant cette fois la communauté juive ajoute son nom à la liste des nationalistes ethniques qui refusent de reconnaître qu'il y a eu transformation du relief politique au Québec.

Le discours traditionnel du PQ, qui met l’accent sur l’humiliation vécue par les Québécois de souche, n’a plus le même attrait pour la jeune génération fondamentalement plus ouverte sur le monde. Le discours péquiste n’avait du reste jamais été compris par les anglophones, les autochtones et les allophones du Québec. Quant aux hauts cris poussés pour défendre les intérêts du «peuple» québécois pure-laine, ceux-ci sont de moins en moins crédibles puisque la communauté allophone a commencé à s'affirmer au plan culturel.

En somme, la formule traditionnelle du PQ se trouve de plus en plus déconnectée de la société pluraliste du Québec moderne.

La bataille du droit chemin

Lucien Bouchard lui avait compris que le PQ devait avancer au même rythme que le reste du Québec. Il savait que les sécessionnistes continueraient de perdre référendums après référendums, à moins de parvenir à gagner le coeur d'un certain nombre de citoyens appartenant aux minorités culturelles. L'énorme influence des Michauds et des Parizeaus au sein du PQ était devenue à ses yeux une condition perdante.

Malheureusement pour Bouchard, des Parizeaus et des Michauds, il s’en trouve à tous les échelons du parti et, par dessus le marché, ce sont les membres les plus actifs et les plus dévoués. M. Bouchard comprenait parfaitement ce qui motive ces individus, ayant auparavant prêché le catéchisme de l'humiliation en maintes occasions. Dans ce contexte, la démission du premier ministre québécois illustre la quasi impossibilité d'évacuer le nationalisme ethnique au coeur de la structure péquiste sans du même coup tuer le parti tout entier.

Il faut remercier l'opposition libérale à l'Assemblée nationale d'avoir précipité cette crise en rendant publiques les remarques de M. Michaud et en plaçant Lucien Bouchard devant un choix difficile. Si M. Bouchard avait réussi à purger les Parizeau et les Michaud du parti de même que leurs supporters, le PQ se serait sans doute transformé en une formation moderne et encore plus attirante. Puisque, au lieu de cela, M. Bouchard a choisi de quitter le champ de bataille, Jean Charest affronte désormais un PQ privé de son meilleur atout, de son chef qui avait compris que le nationalisme ethnique mène à un cul de sac et qu'il se devait de représenter l'ensemble des Québécois.

Combat pour des valeurs communes

En fin de compte Lucien Bouchard en refusant de se battre davantage pour préserver les valeurs que partagent les Canadiens d’un océan à l’autre --- penchant pour l’équité et la tolérance, méfiance face aux démagogues, prudence devant toute idéologie --- donne à Jean Charest la chance de mettre en lumière les resplendissantes valeurs canadiennes et de les comparer à celles bien différentes des nationalistes ethniques qui pullulent à l’intérieur du Parti Québécois. À cet éclairage puissant, s’ajoute la démographie changeante du Québec. Ces deux forces ont le potentiel d’assurer la victoire au prochain référendum et de reléguer les nationalistes ethniques à l'obscurité perpétuelle.



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