January 21, 2001

Why Paul Wells is Wrong 

For years, the members of uni.ca have heard the same defence of the status quo by Paul Wells. More French in Quebec, a better economy in spite of secessionist control, low unemployment, less public debt. Wells feels happy times are at hand - so why try and reform Canada when it's working?

The reason is that it's not working, for millions of people. More francophones, and more Aboriginal Canadians feel less at home in Canada than in the past. The cause is systemic, and our unity troubles are cyclical. La Presse's Alain Dubuc recently described the problem as a cul-de-sac. Political scientists know that a permanent feature of our federation is this secessionist struggle.

Permanent, that is, unless we break the cycle.

To break it, we have to look beyond simplistic analyses and see why reforms are needed. To do that - to nationbuild - takes guts.

Mr. Wells has shown no stomach for reform, and he applauds those with a similar distaste for nationbuilding. He recently noted the masterful job done by Alan Rock and Stephane Dion, who seemingly saved Canada with well-wrought arguments. This is fine work by the journalistic standard we see in today's Canadian press. But it makes little sense to political scientists or others who take a more holistic view of our country. Similar forecasts would have seemed quite right in the early 1980s, after Levesque went down in flames, and secessionism along with him. Remember that?

The problem with Mr Wells analysis is that he bases his apology of the status quo on economics alone. This is normal fare for the National Post, where economics can explain even the neurons firing in their brains. But just as the Post is more than its bottom line (which is a good thing, as it has yet to make any money), so Canada is more than its economics, and Canadians are more than consumer units.

Mr. Wells is still, by our measure, the best and sharpest writer on Canadian unity. His lilly-livered approach to constitutional reform, however, should not be taken seriously. Canada is worth the risk it will take to save it.

le 21 Janvier 2001

Un Paul qui n'a pas fait son chemin de Damas

Les membres d'Uni.ca sont habitués de voir Paul Wells plaider en faveur du statu quo. Il faut reconnaître avec lui qu'en effet la langue française s'implante de plus en plus au Québec, que l'économie prend du mieux malgré la politique sécessionniste, que le chômage et la dette publique sont tous deux à la baisse. Wells voit dans ce bilan de quoi se réjouir. Pourquoi se forcerait-on dans de telles conditions à adopter des réformes pénibles alors que le Canada, d'après lui, se porte bien?

À cela nous répondons : parce que justement les choses sont loin d'aller aussi bien que Wells voudrait bien le laisser entendre aux Canadiens. Il est clair que les francophones et les autochtones du Canada se sentent de moins en moins chez eux ici. À la base du problème, on trouve des causes systémiques qui font que la question de l'unité nationale refait surface à intervalles réguliers.

Alain Dubuc du journal La Presse nous rappelait récemment encore que le Canada se trouve à l'heure actuelle dans une impasse profonde. En outre, les politicologues reconnaissent que notre confédération est minée par des courants sécessionnistes constants. Et constants ils le demeureront, à moins évidemment que nous puissions nous dégager une fois pour toutes de leur emprise. Pour cela, il nous faudrait éviter les analyses superficielles et envisager au contraire la mise en oeuvre de réformes fondamentales.

M. Wells n'a pas le cran nécessaire pour envisager de telles réformes, préférant se ranger du côté de ceux qui reculent devant le défi d'un pays à bâtir. Comme tant d'autres journalistes, il a tenu à encenser le travail soi-disant remarquable des Alan Rock et des Stéphane Dion qui auraient de par leur logique incontournable arraché le Canada à la désintégration certaine. C'est là le bilan rassurant que la presse canadienne cherche adroitement à nous faire avaler.

Toutefois, les politicologues n'en sont pas dupes, pas plus d'ailleurs que les gens attentifs et profondément désireux d'habiter un pays réellement sain. D'ailleurs cette tendance à faire des bilans rassurants n'est pas née d'hier et semble de mise depuis le début des années quatre-vingt. À cette époque, on s'en souviendra, Lévesque avait essuyé un échec cuisant et du même coup on enterrait, croyait-on, le mouvement sécessionniste québécois. Cherchez l'erreur!

La faiblesse de l'analyse de Wells s'explique par le fait que selon lui, une situation favorable au plan économique suffit à elle seule à justifier le statu quo. Ce genre d'idées toutes faites est devenu un credo pour un journal comme le National Post pour qui l'économie sert même à expliquer le cycle migratoire des papillons. Pourtant, un organe tel le Post devrait savoir (à l'heure où il tente désespérément de combler son propre déficit budgétaire) que l'ensemble des Canadiens valent plus que leur plus bas commun dénominateur et, partant, qu'ils représentent bien davantage qu'un groupe de simples consommateurs.

Ceci dit, M. Wells demeure, à nos yeux, le plus habile des chroniqueurs qui s'intéressent à l'unité canadienne. Par contre, son approche en matière de réforme constitutionnelle apparaît d'une impardonnable légèreté. L'avenir du Canada mérite mieux.



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