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June 4, 2001 A Dangerous Complacency It is often said that for a person to reach their full potential, their ambition must exceed their grasp. Without the desire, energy and ambition to adapt to changing circumstances and push through the many obstacles life invariably places in one's path, a person may fail to prosper. An analogy may be drawn regarding Canada's need to evolve and the deadening lack of ambition exhibited by its political leadership and national media. There is a dangerous and self-satisfied complacency in the federal Liberal Party establishment and the national media these days. It is reported gleefully that Quebec separatism is on the decline. We recently read that in a provincial by-election, the Quebec Liberal party recaptured the Montreal riding of Mercier, which had been held by the P.Q. since 1976. Western alienation is no big deal it is sufficient to send a few ministers on speaking tours through the west to shut the cowboys up. Alliance M.P. Jim Pankiw's criticism of official bilingualism is not representative of the west; he is just another loose cannon. There is no pressing need to reform our democratic institutions. And as for the aboriginals, well, there are problems, but this new National Chief, Matthew Coon Come, seems like a cool dude who will put the rest of those troublesome Chiefs in their place. The Liberal Party brain trust clearly hopes that by not engaging with those Canadians who are unhappy with the state of the country, the unhappiness will magically dissipate and the country will hold together. When challenged, they point to Meech Lake and express their fear that the same dangerous forces which were unleashed when Meech failed could be unleashed again if the country were to engage in a new constitutional round. There is some merit to this argument, but there must be a balance. One cannot be driven by fear alone. One must embrace challenges. So too must the leadership of this country. What is my point? It goes something like this: there is a good chance that the Liberal Party of Quebec, a federalist party, will win the next election. A window will be open and it will be crucial that the opportunity for renewing the country be taken. My fear is that the self-satisfied complacency exhibited presently will carry over and ruin the golden opportunity which may present itself. Induced by the national media and the Liberal Party establishment into believing that there is "nothing wrong with Canada as it is", many Canadians will be susceptible to a defensive mindset, a regrettable state of denial, which will make it difficult, if not impossible, to reconcile in a workable agreement the genuine concerns of many Canadians, whether they be Quebecers, westerners or aboriginals. Instead of viewing the desire for change as an opportunity to improve the country, such Canadians will view it as an attack on Canada. For Canada to reach its full potential, its political leadership and the national media must start telling Canadians what they need to hear, not what they want to hear. John I. Unrau |
le 4 juin 2001 Une dangereuse suffisance On dit souvent qu'une personne ne peut atteindre son plein potentiel que si son ambition déborde les frontières immédiates. Quand on est dépourvu ou du désir ou de l'énergie ou de la volonté de s'adapter aux circonstances changeantes et aux vicissitudes que la vie place invariablement sur son chemin, il devient presque impossible de réussir. De même, le Canada, pays qui a grand besoin d'évoluer, mais dont les politiciens et les médias sont totalement dépourvus d'ambition, illustre au plan national et international la situation malheureuse évoquée ci-dessus. Il y a ces jours-ci une suffisance et une complaisance dangereuse au sein du Parti Libéral fédéral et parmi les membres de la presse nationale. Tout ce beau monde jubile en constatant le déclin du séparatisme québécois. Ils notent que lors de l'élection partielle qui a eu lieu dans le comté de Mercier, le Parti libéral du Québec a abattu un château-fort péquiste sur l'Île de Montréal, du jamais vu depuis 1976. Quant à l'aliénation de l'Ouest, elle n'est pas vraiment grave; il suffit d'envoyer quelques ministres y faire une petite tournée pour faire taire la bande de cow-boys. Si le député allianciste Jim Pankiw s'en prend à la politique de bilinguisme, on répète qu'il n'est pas représentatif de l'Ouest; ce n'est qu'une brebis égarée. Il n'y a aucun besoin de reformer nos institutions démocratiques. Et pour ce qui est des autochtones, eh bien, même s'il y a des problèmes, leur nouveau Chef national, Matthew Coon Come, a l'air d'un type capable qui pourrait sûrement remettre les autres Chefs à leur place. Les penseurs du Parti Libéral espèrent qu'en évitant de dialoguer avec les Canadiens qui ont à se plaindre de leur situation au pays, ils feront disparaître ces plaintes et que l'unité sera assurée comme par magie. Quand on les conteste, ils évoquent le Lac Meech et expriment leur crainte que les mêmes forces destructrices engendrées par l'échec de Meech pourraient être relâchées de nouveau si le pays s'engageait dans une ronde de négociations constitutionnelles. Un tel argument n'est pas totalement faux, mais il est entièrement défaitiste. Dans la vie, personne ne doit se laisser gouverner par la peur. Il faut savoir relever un défi. Il en va de même pour nos chefs politiques. À quoi rime tout ceci en fin de compte ? Voici ce qui est essentiel de retenir à mon avis: il y a de bonnes chances que le Parti libéral de Québec, un parti fédéraliste, l'emporte aux prochaines élections. La porte sera momentanément ouverte et ce sera une occasion unique de renouveler notre pays. Ma crainte, c'est que la complaisance et l'arrogance dont nous sommes témoins aujourd'hui ne viennent ruiner une chance magnifique de réaliser un changement décisif. Encouragés par les médias nationaux et par les dirigeants du Parti libéral à croire qu'il n'y a "rien mal avec le Canada tel qu'il est", certains Canadiens risquent de réagir de façon défensive à toute proposition de réforme, rendant difficile, sinon impossible une véritable réconciliation entre Canadiens, qu'ils soient Québécois, résidents de l'Ouest ou Autochtones. Plutôt que de considérer le désir du changement comme une chance d'améliorer leur pays, de tels Canadiens imagineront que c'est une attaque contre le Canada. Si nous voulons que le Canada atteigne son plein potentiel, il faut que ses dirigeants et ses médias expliquent aux Canadiens ce qu'ils doivent entendre et non plus ce qu'ils veulent entendre. John I. Unrau |
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