March 19, 2001

Canada: the first cosmonationality?

In the Canadian unity thinkspace, defining the terms of the debate is vital. In fact, the terms of the debate are themselves hotly debated. What does the word "nation" mean? Or "people"; "culture"; even "language". To bring greater clarity (now that's an easy word, right?) to one fray in the unity arena, a new term is now circulating: cosmonationalism. What does it mean, and is it useful?

The origins of the word are in the dialogue of nationalism and the analysis of its benign and malign effects on human society. Some have argued that nationalism is a unifying force domestically, but is dangerously divisive internationally. The association between nationalism and war seems to be strong. Others argue that nationalism is a major thread in societal fabric, a necessary identity structure required for physical and psychological peace in the medium and long-term. Identity conflicts for national recognition are seen as unavoidable precursors to lasting peace.

Globalization peaceniks hover around. Several types of peacemonger frequently contrast belligerent nationalism with a unifying globalism. However, globalism has itself been dissected into internationalism and cosmopolitanism - a world of nations or a world of people - complicating the great globalism/nationalism divide.

The real meat is in the end node of the nationalist dynamic. A national identity can bring cohesion and peace to a group of persons, but will it turn inward, inhibiting external cooperation, or will it act as a stepping-stone to the realization of global identities and a peaceful cosmopolitan society?

Enter: Canada, a country that breaks the mold in many ways, particularly in the evolution of identity structures. The question: where does multiculturalism fit in our national identity? The answer: front and center. It is one of the first things Canadians will trumpet abroad, ye olde "pot versus mosaic" rant. Rather ironic, considering that most nations develop their cohesion on the basis of common cultural traits, not on diversity. Multicultural nationalism is almost oxymoronic.

Now let's look at the end node of the Canadian nationalist dynamic. We see globalism. We see a national identity that has simultaneously brought an inner pride and confidence, as well as an understanding and acceptance of others. We see a multi-level identity universe with an easy flow of discrete categories, from individual to family, city, province, country, and finally, to cosmopolitanism. We see a self- and other-affirming national identity - a hurrah for us and a hurrah for us all. We see cosmonationalism, a nationalism that does not deny cosmopolitan society, but rather supports its individual internalization and practical realization.

Enter: Quebec, a province that breaks my heart in many ways, particularly when identity structures become self-limiting. Secessionist politicians attempt to stunt the identity flow at the provincial level, as if this level was in conflict with, not a necessary pillar of, higher-order identity levels. My identity as a Quebecker is not in competition with my identity as a Canadian and a global citizen. As I can simultaneously be a part of my family and my city, so too can I be Quebecker, Canadian, Earthling.

There is a secessionist illusion to be dispelled. The fact is, persons have the full stream of identity from individual to member of this reality construct regardless of their conscious acceptance of this fact or lack thereof. Certainly, some identity levels will enjoy a practical immediacy and prominence over others, developed through personal and societal reinforcement. But this is a matter of choice and chance, and does not irrevocably eliminate other identity components in the peripheral. Identity-level prominence can be consciously guided. It is a matter of perception.

The elusive Plan A could be viewed as a euphemism for the promotion of pan-Canadian cosmonationalism. Strengthen Quebecker's distinct identities with acceptance and respect. Affirm the Quebec people and nation. Welcome them as a vital part of the Canadian people and nation, one of the most physically and psychologically beautiful parts of this planet. Give all Canadians the foundation to act as ambassadors for the cosmopolitan society, opening others to the next level.

Enter: the Canadian Cosmonationalists

J. Oxley

le 19 mars 2001

Le Canada : la première cosmonationalité ?

Lorsque l'on parle d'unité canadienne, il est essentiel de comprendre la signification de certains mots. De fait, plusieurs des termes employés dans notre grand débat se distinguent par leur ambiguïté. Rares sont ceux, par exemple, qui peuvent se vanter de savoir ce que signifie le mot " nation " ou le mot " peuple ", le mot " culture " ou encore le mot " langue " ? Afin d'injecter une plus grande clarté (voilà un mot simple pour faire changement) dans le discours entourant la question de l'unité, il convient d'utiliser un nouveau concept, celui de cosmonationalisme. Que signifie cette expression et quelle lumière nous apporte-elle ?

Le mot semble né du constat qu'il existe plusieurs formes de nationalismes et que ces derniers ont des effets tantôt bénins tantôt nuisibles sur la société humaine. Un groupe de personnes voit dans le nationalisme une force d'unification à condition qu'il soit limité à l'intérieur des frontières d'un pays; au plan international, ils jugent le nationalisme dangereux et explosif. De fait, l'association entre le nationalisme et la guerre n'a plus besoin d'être démontrée. L'autre clan perçoit le nationalisme comme faisant partie intégrante du tissu social, procurant aux individus une identité qui contribue à leur paix physique et psychologique. Selon les tenants de cette position, les affrontements nationalistes seraient normaux et seraient des précurseurs inévitables d'une paix durable.

On ne peut pas négliger non plus le point de vue de ceux qui cherchent la paix et le globalisme. Ces derniers désirent remplacer toute forme de nationalisme agressif par la globalisation fraternelle. Malheureusement le mouvement globaliste s'est scindé en deux au cours des dernières années (en internationalisme et en cosmopolitanisme), soit en un monde composé de pays ou un monde composé de personnes. Évidemment cela complique le débat entre globalisme et nationalisme.

C'est probablement la façon dont se manifestent les nationalismes qu'il convient d'étudier. Une identité nationale peut apporter la cohésion et la paix à un groupe de personnes, mais ce nationalisme se tournera-t-il vers intérieur, interdisant la coopération externe, ou agira-t-il comme un tremplin à la réalisation d'une identité globale et d'une société cosmopolite paisible ?

Considérons en premier lieu le Canada, un pays qui viole les conventions établies, particulièrement en ce qui a trait à l'identité nationale. La question que tous les observateurs se posent est la suivante. Est-ce que notre multiculturalisme est compatible avec une forme d'identité nationale ? La réponse officielle est un oui retentissant. C'est d'ailleurs un des éléments sur lesquels insiste le Canada à l'étranger, nous sommes une " mosaïque " et non un " melting pot ". Discours surprenant si l'on considère que la plupart des pays fondent leur cohésion sur des traits culturels communs et non sur la diversité. Un nationalisme multiculturel apparaît comme une quasi contradiction.

Voyons maintenant comment se manifeste le nationalisme canadien dans la vie de chaque jour. Il s'exprime dans le globalisme, dans une identité nationale qui apporte simultanément la fierté intérieure et la confiance, de même qu'une compréhension et une acceptation des autres. Les Canadiens évoluent dans un univers à facettes multiples où s'entremêlent l'appartenance à leur famille, à leur ville, à leur province, à leur pays et aboutissant au cosmopolitanisme. Nous considérons l'affirmation de l'identité nationale et de la différence de nos concitoyens comme une façon d'enrichir notre vie et notre société. À nos yeux, le cosmonationalisme représente un nationalisme qui ne nie pas la société cosmopolite qui nous entoure, mais soutient intrinsèquement l'individu et favorise la réalisation de soi.

Considérons maintenant le cas du Québec, un territoire où la façon étroite de concevoir l'identité nationale m'inquiète et m'attriste. Les politiciens sécessionnistes de cette province tentent en effet de ralentir l'évolution vers une identité québécoise ouverte sur l'extérieur, comme si la situation actuelle devait être figée pour éviter toute contamination avec d'autres formes d'identité, d'autres formes d'allégeance. Qui dit que mon identité en tant que Québécois est en compétition avec mon identité en tant que Canadien ou en tant que citoyen du monde? Autant je peux simultanément faire partie d'une famille, d'une ville, autant je puis être à la fois Québécois, Canadien et Terrien.

Il y a une illusion chez les sécessionnistes qui mérite d'être dissipée. Toute personne, qu'elle en soit consciente ou non, ne possède pas une seule identité mais un ensemble complexe d'identités et d'appartenances. Certes en pratique, il y a des niveaux d'identité qui résonneront plus que d'autres, ayant bénéficié de renforcement aux plans personnel et social. Mais le fait est qu'il s'agit là d'une question de choix et de circonstances qui n'élimine aucunement les autres composantes périphériques de l'identité. Un sentiment d'appartenance peut être consciemment canalisé et en fin de compte cela demeure une question de perception.

Le fameux Plan A si difficile à cerner n'est au fond que l'expression du cosmonationalisme pan-canadien : reconnaissance du caractère distinct des Québécois, affirmation du fait que le Québec constitue une nation et un peuple, reconnaissance du fait que les Québécois font partie de la famille canadienne dans un des lieux physiquement et psychologiquement les plus attrayants de la planète, liberté pour tous les Canadiens de promouvoir une société cosmopolite donnant à d'autres pays un modèle à suivre.

J. Oxley



[Page principale] [Main Page]