![]()
|
May 24, 2001 Bilingual Ottawa The story on the new City of Ottawa's bilingualism policy felled small forests and drained ponds of ink but it may be useful to put the great debate into perspective. First, very few commentators have pointed out that the policy is NOT new and it does NOT make Ottawa's city administration bilingual. Second, the Government of Ontario, not the City of Ottawa, really holds the keys to the protection of minority language rights in cities. Turning to the distinctly practical aspects of the resolution passed 17 to five by Ottawa City Council on May 9th, 2001, it is important to recognize that councillors essentially resolved that services will be delivered in either English or French, at the client's choice. This will be done according to a policy which is tried and true, in effect in the former City of Ottawa for nearly 30 years. A number of City of Ottawa positions will be designated as bilingual, but current City employees are carefully protected by the policy. They have retained "grandfathered" rights and privileges. Even new employees hired for bilingual positions will have up to eight years to learn the language that they do not yet know. As a practical example, this means that two unilingual candidates (one from Chicoutimi, Quebec, the other from Penticton, B.C.) who are the best qualified candidates for bilingual positions will win their respective competitions even if they cannot speak both English and French. These new employees will then have eight years to learn the other language. This ought to be simple enough, particularly as they have acquired skills in other domains that are superior to those of their competitors. As residents of the National Capital Region, the selected candidates will be able to replace certain cultural activities in their first language with some in their second. If they are serious about learning a second language, they can make cultural choices between La nouvelle scène and the Ottawa Little Theatre; Radio-Canada and the CBC; CIMF and Kool-FM; CJRC and CFRA; La soirée du hockey and Hockey Night in Canada; Le Devoir and The Globe and Mail; one side of the box of Corn Flakes, rather that the other . . . . It doesn't take generations to learn a second language. It takes willingness to learn, practice and commitment. A significant proportion of the population of Ottawa and of Ontario know this already. Ottawa's population is estimated at 780,000. Of those, French is the mother tongue of about 120,000. The 1996 Canada Census included bilingual anglophones in finding that some 250,000 people in the amalgamated City of Ottawa claim a comfortable level of fluency in French. For the Province of Ontario, the numbers are 480,000 and 600,000, respectively. Remarkably, more English-speaking Ontarians can speak French than native French-speakers. And the anglophones who have acquired language skills in a second language did not stop their educational experience at that. In fact, as a group, they have the highest level of education in the Province and the highest average income. The vast majority expect their provincial government to act with openness and tolerance. The Province of Ontario's next steps are particularly important to the francophone minority in Ottawa. For them, it is extremely significant that the City of Ottawa policy on providing services in both languages does not have the force of law and can easily be amended - or abolished - by any future City Council. Only the Province of Ontario can legislate on this issue under subsection 92(8) of the Constitution Act, 1867. Ottawa City Council, by a vote of 16 to six, asked the Ontario Legislature to do just that. While Municipal Affairs minister Chris Hodgson has not responded, the Ontario Minister responsible for Francophone Affairs, John Baird, has clearly indicated his opposition to such a request. This is extremely disappointing. Ottawa City Council, in its wisdom, has chosen to do right by its minority and the Province of Ontario should rise to the occasion. Canadians have known for generations that the civility of any given society can be judged by how it treats its minority. Ottawa is a tolerant city and Canada is a tolerant society. Is Ontario any different? Clearly not! Canadians and Ontarians may have tribal inclinations, but we take pride in nurturing one another's peculiar differences because these help us to build together a beautiful mosaic in contrast to the American melting pot. Our co-operative instincts are remarkable. Peter Gzowski described it beautifully when he said "In this Northern clime, we huddle together against the cold." The Province of Ontario should not leave the francophone community in Ottawa and Eastern Ontario out in the cold. Of all provinces, Ontario is the most populous and the most self sufficient. But it has never seen itself as a sovereign nation or more important than the larger whole. Rather, it sees itself as THE central province of a larger country, Canada. As such, it should now stand tall, act on the very best of Canadian values, and recognize the language services status of the City of Ottawa in provincial law. |
le 24 mai 2001 Ottawa Bilingue Pour plusieurs d’entre nous, la saga du bilinguisme à la nouvelle ville d'Ottawa a tant perduré qu’elle a réduit le nombre d’arbres dans nos forêts et suffisamment vidé nos réserves d'encre. Personne toutefois n’a réellement pris le temps de mettre cette polémique en perspective. Premièrement, très peu de commentateurs ont noté que la politique adoptée par le conseil n'est pas nouvelle et qu’elle n’exige pas que l'administration même de la municipalité soit bilingue. Deuxièmement, c’est au Gouvernement de l'Ontario, et à non la ville d'Ottawa, qu’il incombe de protéger les droits linguistiques de la minorité dans une ville. Si l’on examine ce que prévoit la résolution approuvée le 9 mai 2001 par le Conseil municipal d'Ottawa par la marge de 17 à 5, on s’aperçoit que les édiles municipaux ont simplement adopté une résolution en vertu de laquelle les services dispensés le seront soit en anglais soit en français, au choix du client. Cette formule correspond exactement à la politique qui s’appliquait depuis presque 30 ans dans l’ancienne ville d’Ottawa. Un certain nombre de postes à la vile d'Ottawa seront désignés comme bilingues, mais les employés actuels de la ville demeureront protégés sous le nouveau régime. Ils jouiront en effet de ce que l’on appelle une clause "grand-père" et des privilèges qui lui sont associés. Quant aux nouveaux employés occupant des postes bilingues, ils auront jusqu'à huit ans pour apprendre la langue seconde s’ils ne la maîtrisent pas encore. Concrètement, cela signifie que deux candidats unilingues (un de Chicoutimi au Québec, l'autre de Penticton, C-B) se qualifiant à des postes bilingues gagneront leur concours respectif même s'ils ne maîtrisent pas l’anglais et le français. Ces deux recrues auraient huit ans pour apprendre l'autre langue. Cela ne devrait pas être si difficile que cela puisque de toute façon ils possèdent des compétences professionnelles supérieures à leurs concurrents. En tant que résidents de la capitale nationale, les candidats choisis auront la chance de remplacer certaines des activités culturelles qu’ils effectuent dans leur première langue par certaines autres qui requièrent l’usage de la langue seconde. S'ils s’appliquent le moindrement sérieusement à l'étude de la langue seconde, ils choisiront entre Le théâtre de la nouvelle scène et The Ottawa Little Theatre, entre Radio Canada et la CBC; entre CIMF et KoolFM; entre CJRC et CFRA; entre la Soirée du hockey et de Hockey Night in Canada; Le Devoir et le Globe and Mail; entre regarder un côté de la boîte de flocons de maïs, plutôt que l'autre. ... Point n'est besoin d'attendre plusieurs générations pour apprendre une deuxième langue. Ce dont on a besoin, c’est de bonne volonté, des occasions de pratiquer et une dose d’engagement. Une large portion de la population d'Ottawa et de l'Ontario est déjà au courant de ce qui précède. La ville d'Ottawa compte environ 780,000 habitants. De ce nombre, 120,000 parlent le français comme langue maternelle. Le recensement du Canada de 1996 dénombrait par surcroît les anglophones bilingues, identifiant 250,000 personnes additionnelles qui se disaient capables de converser avec aisance en français sur le territoire de la nouvelle ville. Au niveau de la province d'Ontario, les totaux respectifs sont les suivants: 480,000 personnes réclament le français comme langue maternelle alors que 600,000 anglophones le parlent couramment. Il est remarquable de constater qu’un plus grand nombre d’anglophones ontariens peuvent s’exprimer dans la langue de Molière qu’il n’y a de francophones de souche. Et ces anglophones bilingues ne se sont pas contentés d’apprendre une deuxième langue; en fait, en tant que groupe, ils ont le niveau d'éducation et le revenu moyen le plus élevé de la province. La vaste majorité d’entre eux s’attend à ce que leur gouvernement provincial agisse avec franchise et tolérance. Les prochaines décisions du gouvernement ontarien seront particulièrement critiques pour la minorité francophone d’Ottawa. Pour eux, il est extrêmement inquiétant que la politique linguistique de la ville d'Ottawa n’ait pas force de loi et soit sujette à un amendement (ou même à la suppression) décrété par un conseil municipal éventuel. Seule la province d'Ontario peut légiférer sur ce plan en vertu du paragraphe 92 (8) de l’Acte constitutionnel de 1867. Le conseil municipal, par un vote de 16 à 6, a demandé à la Législature de l'Ontario de se prononcer à ce sujet. Tandis que le ministre des Affaires municipales Chris Hodgson, n'a pas répondu, le ministre responsable des Affaires francophones, John Baird, a clairement indiqué son opposition à une telle requête. Une telle réaction est extrêmement décevante. Le conseil municipal d'Ottawa, dans sa sagesse, ayant choisi de bien traiter sa minorité francophone, la province d'Ontario se devait d’agir de manière réciproque. Les Canadiens savent depuis plusieurs générations que la convivialité d’une société se mesure à la façon dont elle traite sa minorité. Ottawa est une ville tolérante et le Canada est une société tolérante. L’Ontario est-il différent ? Certes non! Les Canadiens et les Ontariens ont peut-être parfois des tendances tribales, mais nous sommes fiers des différences qui nous distinguent les uns des autres et qui nous permettent de tisser la mosaïque commune qui nous différencie du "Melting Pot" américain. Notre instinct coopératif est remarquable. Peter Gzowski le décrivait parfaitement quand il a dit un jour "Dans ce climat nordique, nous nous rapprochons pour lutter contre le froid." La Province d'Ontario ne doit pas laisser la communauté francophone d’Ottawa à la merci du froid. Parmi les provinces, l'Ontario est la plus populeuse et la plus auto-suffisante. Mais elle ne s'est jamais perçue comme une nation souveraine ou comme plus importante que l’ensemble des autres provinces. Au contraire, l’Ontario se voit comme la province centrale d'un plus grand pays, le Canada. C’est pourquoi l’Ontario doit maintenant se tenir debout, agir en fonction des meilleures valeurs canadiennes et reconnaître le statut des services linguistiques de la ville d'Ottawa dans une loi provinciale. Royal Galipeau
|
[Unilien] [Unity Link]