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DÉMOLITION DE LA MYTHOLOGIE SOUVERAINISTE
Ce que tout Canadien devrait savoir


Qu'entend-on au juste par la notion de "peuple"?

Le projet de loi sur le respect de la souveraineté voté en chambre en 1995 par Jacques Parizeau était fondé sur une assertion souvent répétée par les souverainistes, à savoir que "Nous formons un peuple". Il convient de noter qu'aux yeux des souverainistes, ce "nous" désigne toute personne résidant au Québec.

Or, le mot "peuple" est sujet à plusieurs interprétations; il est possible de lui accorder en effet une signification légale de même qu'une signification sociologique.

Au Québec, l'acception sociologique du mot "peuple" est certainement populaire hors de l'arène politique où elle connote la fierté et l'attachement légitime des habitants pour leur province.

Mais dans la bouche d'un Parizeau le terme "peuple" revêt une signification tout autre, soit celle d'un regroupement légal. Attribuer un tel sens au mot peuple constitue une erreur au plan juridique, et ce, pour deux raisons. Premièrement, parce l'étiquette de peuple inclurait dans ce cas spécifique des groupes ne faisant nullement partie de la majorité francophone du Québec, des groupes tels les Indiens Crees (lesquels forment un peuple reconnu autant par la loi internationale que par nos lois domestiques), des groupes tels les Canadiens d'expression anglaise et tels plusieurs groupes d'allophones.

Deuxièmement, ce concept fait abstraction de composantes vitales du "peuple" même dont il est question, soit les Canadiens-français vivant à l'extérieur du Québec.

Le résultat, c'est qu'en fabricant un pays basé sur le mythe de l'existence "d'un peuple au foyer unique", Parizeau et ses confrères souverainistes abandonnent non seulement leurs frères et soeurs situés au-delà des frontières du Québec, mais encore ils imaginent, au mépris de l'évidence, une société québécoise dont tous les membres seraient des Québécois de souche "pure laine".

Il faut distinguer, selon nous, entre ce néo-nationalisme québécois, qui est une fabrication inventée de toutes pièces, et le nationalisme canadien-français, réalité confirmée par plusieurs siècles d'histoire.

 

Nationalisme québécois

Nationalisme canadien-français

Qui l'entretient

souverainistes

gouvernement fédéral

Hypothèse de base

les Québécois forment un peuple

les Canadiens-français forment un peuple

Ce qu'ils proposent pour faire avancer leurs idées

séparation

Loi sur les langues officielles, immersion française

Définition de "peuple" inclut

nations aborigènes, Canadiens-anglais, autres minorités du Québec

Canadiens d'expression française à travers le Canada

Sont exclus par cette définition

un million Canadiens-français à l'extérieur du Québec

personne

Favorise

décentralisation, séparation

les droits de tous les Canadiens-français, principalement de ceux qui habitent au Québec

 

La technique standard qu'appliquent les souverainistes lorsqu'ils sont confrontés à un individu qui prône le nationalisme canadien-français, c'est tout simplement de l'accuser d'être "anti-Québec". Incroyablement, il est ainsi devenu possible dans la vision souverainiste d'être partisan absolu du fait français, mais d'être en même temps contre le Québec!

Une large proportion des journalistes québécois véhiculent cette nouvelle orthodoxie dans leurs écrits. Le nationalisme canadien-français est perçu par eux comme une perte de temps qu'il y a lieu de boycotter. Animés par le désir légitime de protéger la langue et la culture française, ils ont abandonné leur cause à l'échelle pan-canadienne et placé tous leurs oeufs dans le même panier. Les groupes franco-manitobains ou acadiens entre autres se voient abandonnés à leur propre sort. Pour ne citer qu'un exemple parmi des milliers, Jacques-Yvan Morin écrivait récemment dans "Le Devoir", quotidien souverainiste par excellence:

"Comment en sommes-nous arrivés à cette situation où neuf juges sont appelés, dans le cadre d'un état fédéral majoritairement anglophone à trancher le sort d'un peuple majoritairement francophone?". Et personne n'a sourcillé.

M. Morin, qui est pourtant professeur de droit public, sait pertinemment bien que l'emploi d'une expression telle que "peuple majoritairement francophone" reflète davantage une aspiration que le statut réel devant la loi des personnes diversifiées qui composent la société québécoise.

Il incombe à tous les Canadiens de savoir reconnaître et démasquer ce nationalisme mensonger afin d'éviter qu'à la longue les mythes qu'il véhicule ne deviennent réalité. Devant les sempiternelles récriminations des souverainistes, nous devons espérer que c'est la voix de la raison qui saura prédominer.


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