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Les Québécois réagissent «à l'indifférenciation et non à l'oppression »


Commentaires basés sur un article paru le 15 mai 1999 dans L'Actualité

Plaçant le débat sur la séparation du Québec dans une perspective internationale, le philosophe français Alain Finkielkraut donne de quoi réfléchir aux intellectuels sympathisants du nationalisme québécois.

De tous les penseurs français actuels, Finkielkraut compte pourtant parmi ceux qui pourraient le mieux comprendre la situation du Québec. On se serait attendu de ce Juif d'origine, passionné de liberté et défenseur des minorités ethniques qu'il donne sans hésitation son appui au mouvement indépendantiste.

Toutefois, au grand étonnement des intellectuels québécois, cette bénédiction n'est pas venue. Dans son dernier livre, L'Ingratitude, commenté par Jacques Godbout dans L'Actualité du 15 mai 1999, Finkielkraut explique que les indépendantistes québécois raisonnent comme les Allemands d'avant-guerre et qu'ils ne pourraient jamais obtenir la sympathie des Allemands d'aujourd'hui ni même celle des Français. Et pourquoi donc? Tout simplement parce que «la France a légué au monde une définition de la nation politique et non culturelle ». D'où Ia difficulté de convaincre l'Europe que l'indépendance politique est justifiée par un problème linguistique comme on le vit au Canada.

Pour le maître à penser français, les Lumières doivent l'emporter sur les passions obscures nées du ressentiment. Et, parmi les droits universels de l'homme, on ne trouve nulle part la nécessaire adéquation entre l'État et la nation. Les Québécois, écrit Finkielkraut, réagissent «à l'indifférenciation et non à l'oppression ». Aujourd'hui, leur «nationalisme est en réaction contre le multiculturalisme canadien, lequel est perçu comme une façon d'aplatir toute différence, toute « distinction ».

Sans être anti-sécessionniste, Finkielkraut observe d'autre part que le discours indépendantiste québécois a perdu une grande partie de sa force de revendication, ayant atteint la plupart de ses objectifs et ne faisant plus appel qu'au partage équitable des impôts.

Voilà qui porte à réfléchir devrait, selon uni.ca, davantage inspirer la stratégie fédéraliste. Le multiculturalisme nuit à la cause de l'unité canadienne au Québec. Par contre, les revendications indépendantistes seraient en train de perdre du mordant, ayant déjà été satisfaites par un Canada flexible.


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