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7- Parlons, si vous le voulez bien, du Conseil de la fédération. Et je voudrais que vous soyez très simple et que vous vous adressiez à quelqu'un qui vient d'arriver au Canada. Qu'est-ce que c'est ? Et aussi quelles sont vos plus grandes craintes dans ce dossier ? Vous me demandez d'être simple. Je pense que cela sera relativement facile, car effectivement il s'agit d'un projet d'une grande simplicité. L'idée tout simplement est de faire en sorte qu'il y ait un forum qui permette le dialogue entre les gouvernements, qui permette l'échange, la discussion et favorise des consensus. Le terme Conseil de la fédération n'est pas nouveau. Il date d'une vingtaine d'années. Sauf qu'initialement quand j'ai pensé au concept, toutes les fois où on trouvait l'expression Conseil de la fédération dans des rapports et documents constitutionnels, c'était toujours vu comme un sénat réformé. Évidemment, réformer le sénat n'est pas une mauvaise idée, mais cela demande une modification constitutionnelle. Je me suis posé la question de savoir comment on pourrait atteindre des résultats probants, tout en n'ayant ni à réformer le sénat ni à entrer dans cette dynamique constitutionnelle. J'ai pensé à une instance intergouvernementale qui se situerait au niveau exécutif et non au niveau législatif. C'est donc un forum entre gouvernements qui n'implique pas à proprement parler les Parlements, ni le Parlement canadien, ni les législatures provinciales. Le but, c'est que les partenaires en viennent à bâtir des consensus et à renforcer la collaboration entre eux. Voilà l'idée. Au départ ce que j'avais en tête, c'était un forum fédéral-provincial. Il est toujours souhaitable qu'il en soit ainsi. Mais à mon avis l'idéal, ce serait que le Conseil débute comme un forum interprovincial seulement. C'est effectivement ce dont ont convenu les premiers ministres à Charlottetown en juillet dernier. Ils ont convenu que ce devait être à priori un forum interprovincial. Et pourquoi est-il important que cela débute comme un forum interprovincial ? C'est qu'il faut d'abord que les provinces apprennent à se parler : il faut qu'elles apprennent à s'écouter. Il ne suffit pas que le Québec arrive à la table avec telle ou telle demande, il faut essayer de comprendre ce que veut l'Alberta, ce que veut la Colombie-Britannique, ce que souhaite l'Ontario, ce que veulent les provinces de l'Atlantique. Apprendre à se parler, apprendre à dialoguer, apprendre à échanger, cela prend du temps parfois. Et cela rejoint mes craintes, qui sont que ça aille trop vite, que cela commence de façon immodeste. J'aime mieux une instance qui commence plus modestement, plus sobrement et à un rythme un peu plus lent et un mandat un peu plus circonscrit, mais qui progresse au fur et à mesure. Moi, c'est ce que je préfère. Le risque c'est de vouloir commencer trop gros, de façon trop ambitieuse, alors que dans le fond, il faut apprendre. Il faut apprendre à se parler, à s'écouter entre provinces avant de songer à y amener le gouvernement du Canada. Par ailleurs, il convient que les provinces apprennent à se parler avant d'élargir le mandat du Conseil.
C'est donc une idée qui est très simple. Je dis souvent qu'il ne faut pas penser que c'est la réponse à tous les maux que c'est une panacée pour tous nos maux. Ce n'est pas vrai. C'est un des instruments dont on dispose. Cela n'empêchera pas des provinces d'avoir des relations bilatérales, Québec-Ontario par exemple. Par ailleurs, qu'arrive-t-il lorsqu'un consensus n'est pas possible ? Au moins, on aura cherché à l'obtenir. Bien entendu, moi le premier, je vous dirai que le Québec dans certains cas va considérer qu'un consensus peut ne pas être souhaitable sur une question qui touche au cœur de ses préoccupations ou de ses intérêts particuliers. À ce moment-là le consensus n'est pas souhaitable. Mais lorsque il l'est, pourquoi ne pas nous donner un instrument qui en favorise la réalisation.
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