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Programme du Parti Québécois
LA VOLONTÉ DE RÉUSSIR CHAPITRE 6 : MESURES PARTICULIÈRES
A. Les jeunes S'il ne peut compter sur une jeunesse bien formée dont l'enthousiasme se double d'un sens critique bien développé, le Québec n'a guère d'espoir de bien prendre le tournant du XXIe siècle.
Les générations précédentes, celle de la crise économique des années 30, celle de l'après-guerre et celles des années 60 et 70 ont fait progresser le Québec de façon importante. Ce qu'il reste à accomplir pour faire du Québec une société moderne, prospère et juste est encore plus exigeant. D'autant plus que l'héritage que les générations précédentes ont légué à la jeunesse d'aujourd'hui est passablement hypothéqué: notre système d'éducation répond mal aux besoins des jeunes qui auront à se trouver des emplois satisfaisants et notre marché de l'emploi, mal adapté, ne peut guère leur assurer un accueil adéquat. En outre, l'endettement collectif et l'état de nos finances publiques rendent peu reluisantes les perspectives d'avenir.
Si l'on veut que notre jeunesse se montre travaillante, en santé et confiante dans l'avenir, il faut convenir que de sérieux ajustements s'imposent. L'esprit d'initiative et la débrouillardise des jeunes qui veulent se tailler une place à la mesure de leurs compétences et de leurs aspirations doivent trouver un terrain propice.
Ce n'est pas le goût de l'effort ni la volonté d'aller plus loin qui manquent. Un gouvernement du Parti Québécois montrera avec vigueur sa volonté de faire une place aux jeunes en leur donnant accès à une formation moderne de haute qualité et en les appuyant concrètement dans leur recherche de l'excellence.
Mais notre action devra tenir compte de la diversité de la jeunesse québécoise au travail, aux études, à l'aide sociale, ou qui décroche. Il faut reconnaître des différences dans les conditions de vie qui influencent tout autant le comportement social que le comportement économique. En d'autres termes, il n'existe pas une jeunesse mais des jeunesses et c'est à elles toutes, qui forment 30 % de notre population, que nos projets s'adresseront.
1. PERMETTRE AUX JEUNES DU QUÉBEC D'AVOIR ACCÈS À DES EMPLOIS DE QUALITÉ ET ENCOURAGER LEUR ESPRIT D'ENTREPRISE
La gravité du chômage chez les jeunes, ses conséquences et sa persistance nécessitent, hors de tout doute, la poursuite et l'intensification d'actions en faveur de l'emploi. La difficulté consiste à intégrer les jeunes sans-emploi dans des activités qui favoriseront leur formation, leur préparation à l'emploi et l'accès au marché du travail.
Un gouvernement du Parti Québécois reconnaîtra que l'État doit assumer ses responsabilités face au fléau du chômage et il le fera de la façon suivante:
1.1 Il mettra en application, comme employeur, une politique d'accès à l'égalité à l'égard des jeunes afin que ceux-ci occupent une place plus importante au sein de ses organismes et ses ministères.
1.2 Il favorisera la mise en oeuvre d'une politique de partage du travail au moyen de lois appropriées et avec la participation des partenaires sociaux concernés.
1.3 Il instaurera un programme de travail minimum garanti. Il convient, en effet, de réduire au maximum la période d'attente ente la fin de la scolarisation et le premier emploi. Cette mesure assurera le droit à la première chance dans l'emploi pour les moins de 30 ans qui désirent accéder au marché du travail. Afin d'assurer un apprentissage valable, cette politique garantira un certaine durée de travail et comptera sur des ressources d'encadrement et de compagnonnage, Il va de soi que ce programme sera l'un des éléments de la politique de plein-emploi. Ce programme comportera quatre volets: le rattrapage scolaire, la formation pratique en milieu de travail, le réalisation de projets en milieu communautaire et l'entraide internationale.
1.4 Il appuiera l'esprit d'entreprise des jeunes comme une arme privilégiée contre le chômage.
Sans être la solution miracle au problème du chômage des jeunes, ce soutien favorisera les initiatives nouvelles et le désir d'entreprendre. Ainsi, un gouvernement du Parti Québécois mettra du capital de risque à la disposition des jeunes désirant démarrer une entreprise.
1.5 En ce sens, le Parti Québécois s'engage à créer un fonds de solidarité Québec-Option jeunesse.
1.6 Il encouragera l'adoption de nouvelles méthodes de gestion favorisant la participation des employés. Il pourra y lier l'octroi de certaines subventions afin de permettre aux employés de prendre part au fonctionnement et à la gestion de l'entreprise. En mettant l'accent sur l'initiative, la consultation et la coopération avec les travailleuses et les travailleurs, l'entreprise s'associera avec ce qu'elle a de plus précieux, ses ressources humaines.
2. FAVORISER ET ENCOURAGER UNE FORMATIONPLUS LONGUE ET MIEUX ADAPTÉE
Plusieurs études ont démontré une corrélation entre le manque de formation et la probabilité de devenir chômeur. Les jeunes sans-emploi ou dépendants de l'État sont peu scolarisés. Faut-il rappeler que plus de 80 % des bénéficiaires de l'aide sociale de moins de 30 ans sont aptes au travail?
Ces données très significatives nous incitent à privilégier le retour à l'école, sur une base préventive, et toute mesure visant à empêcher le décrochage scolaire. En ce sens, un gouvernement du Parti Québécois reconnaîtra l'importance de poursuivre l'effort de scolarisation. Il faudra non seulement miser sur une simple réinsertion scolaire mais aussi exiger un soutien psycho-social beaucoup plus large que celui actuellement offert lors de la scolarisation.
Déjà, dans les chapitres précédents, nous avons proposé plusieurs mesures qui témoignent de l'action que nous entendons poursuivre. L'amélioration de la qualité de l'éducation, une meilleure adéquation entre le marché du travail et l'école, un régime de prêts et bourses plus intéressant et la mise en oeuvre de programmes d'alternance formation-travail représentent autant de mesures qui pourraient mieux répondre aux besoins de la clientèle jeunesse.
Voilà pourquoi, d'après les jeunes, il faut qu'un gouvernement du Parti Québécois s'engage à:
2.1 restaurer la gratuité scolaire au niveau collégial.
Par ailleurs, toute étudiante ou étudiant québécois qui désirera poursuivre des études postsecondaires pourra le faire grâce à un régime de financement incitatif. Le régime des prêts et bourses sera augmenté et le paiement des frais de scolarité reporté. Pour le remboursement, on établira un impôt universitaire, représentant un pourcentage fixe du salaire pour une période d'environ dix ans après l'entrée sur le marché du travail. Les ex-étudiantes et ex-étudiants débourseront ainsi un montant fixe, proportionnel à leur revenu.
Ce nouveau régime favorisera l'accès à l'université et soulagera les jeunes qui doutent de leur capacité de rembourser leurs emprunts en cas de contexte économique difficile. Il pourra même les inciter à poursuivre des études de deuxième et de troisième cycle. Rappelons aussi qu'un régime d'étudiant-chercheur sera instauré.
Un gouvernement du Parti Québécois facilitera l'accessibilité au régime de prêts et bourses à l'étudiant issu d'une famille monoparentale, dont le père ou la mère, n'ayant pas la garde légale, a cependant la capacité de subvenir aux frais d'étude. Il évaluera donc les revenus de la mère, du père ou du tuteur ayant la garde légale de ce même enfant.
Il faut donc:
2.2 proposer la révision complète du régime des prêts et bourses et des frais universitaires et mettre en oeuvre un nouveau régime d'impôt universitaire.
Il est aussi important d'associer les jeunes à la résolution des problèmes sociaux et de reconnaître leur apport dans les projets communautaires de développement.
À cette fin, le gouvernement du Parti Québécois doit:
2.3 mettre en oeuvre un programme de bourses favorisant l'engagement social et communautaire.
Pour être admissible à une bourse, il suffira que l'étudiante ou l'étudiant s'engage, à raison d'un certain nombre d'heures par semaine, à travailler pour un groupe communautaire qui a besoin de ses services. Un contrat liera l'étudiante ou l'étudiant à l'organisme à but non lucratif.
Considérant l'amplification de l'exode des jeunes des régions, il est proposé qu'un gouvernement du Parti Québécois mette sur pied une politique plus cohérente de développement régional.
Pour ce faire, il devra:2.4 favoriser et encourager une formation mieux adaptée à la réalité du marché du travail de chaque région.
2.5 créer des emplois réservés aux 18-30 ans dans les régions;
2.6 offrir des crédits d'emplois aux jeunes;
2.7 améliorer le transport public dans les régions.
3. RECONNAITRE L'ACTION COMMUNAUTAIRE AUTONOME ET L'IMPORTANCE D'OUTILS ORGANISATIONNELS PROPRES AUX JEUNES
Dans le secteur jeunesse, les ressources communautaires ont prouvé leur efficacité; on songe aux groupes de retour à l'emploi, aux regroupements de jeunes, aux centres d'hébergement ou de prévention du suicide. La raison d'être de ces organismes est fortement liée au désir qu'ont les gens d'une communauté d'identifier eux-mêmes leurs problèmes, leurs besoins et leurs projets.
Le Parti Québécois reconnaît l'importance de ce secteur d'activités et la nécessité d'élaborer une politique de financement à la mesure de son apport à la société. Nous avons tenté de répondre, par des mesures concrètes à cette perspective à laquelle nous adhérons dans la partie de notre programme qui porte sur l'action communautaire autonome. D'autres outils doivent être consolidés ou proposés.
3.1 Un gouvernement du Parti Québécois améliorera, au cours de son premier mandat, la structure du Conseil permanent de la jeunesse.
3.2 Il créera à l'intérieur du Secrétariat à la jeunesse un volet concernant la francophonie. On connaît l'importance des échanges internationaux pour le développement de la tolérance et de la compréhension entre les peuples. Comme membres de la francophonie, nous croyons qu'un secrétariat à la jeunesse francophone permettra de favoriser les échanges entre les dirigeants jeunes des communautés francophones en plus de préparer des jeunes à représenter le Québec sur la scène internationale.
B. Les femmes Respecter et assurer l'égalité des chances et des droits entre les femmes et les hommes doit être le souci constant d'un gouvernement responsable.
Depuis toujours, les femmes travaillent, au même titre que les hommes, à faire du Québec une société plus prospère, plus équitable et plus libre. Il est temps qu'elles recueillent, elles aussi, le fruit de ces efforts. Mais surtout, il est temps qu'elles occupent la place qui leur revient pour développer leurs talents et donner la pleine mesure de leurs capacités. C'est la société toute entière qui en bénéficiera.
Nous ne partons pas de zéro. Beaucoup de travail a été accompli depuis ce moment historique où le gouvernement du Parti Québécois accueillait dans ses rangs la première ministre de la Condition féminine. Aujourd'hui, il nous faut consolider bon nombre de ces acquis. Il faut aussi ouvrir de nouveaux chantiers pour que cette recherche de l'égalité cesse d'être un simple cri de ralliement et devienne une réalité sur laquelle nos filles et nos fils pourront bâtir à leur tour.
Pour cela, un gouvernement du Parti Québécois devra:
1. réformer le régime fiscal en vue de corriger les injusti-ces dont sont victimes les femmes;
2. reconnaître un statut particulier aux femmes collaboratrices de leur mari.et leur faciliter l'accès à la propriété de ces entreprises. La reconnaissance de leur travail permettrait une forme de partage plus juste des revenus;
a) assouplir les règles qui régissent la société de fait afin de reconnaître que le travail fourni par un partenaire dans l'entreprise constitue un apport à cette entreprise;
b) permettre aux conjoints, légaux ou de fait, de fournir une déclaration de statut dans laquelle seront officialisées les modalités particulières de partage; à défaut de quoi, la société de fait répartira de façon égale les revenus annuels et la plus-value de l'entreprise (un ajustement à la Loi de l'impôt sera nécessaire afin que ce partage ne soit pas considéré comme un transfert entre conjoints);
c) donner à la femme collaboratrice, salariée dans l'entreprise familiale, la protection prévue dans la Loi des normes du travail et lui permettre d'avoir accès à l'assurance-emploi de même qu'aux autres avantages sociaux qui s'y rattachent;
3. repenser la sécurité du revenu à la préretraite et à la retraite pour tenir compte des femmes et de leurs réalités.
4. faciliter l'accès des femmes au marché du travail:
a) offrir un soutien technique aux femmes désirant revenir sur le marché du travail: information, formation et, selon les fonds disponibles, application d'un nouveau programme passeport-travail. Ce passeport-travail serait:
i. destiné aux personnes désireuses de retourner sur le marché du travail après une absence pour 'rôle social' (personnes demeurant à la maison pour prendre soin de jeunes enfants, de personnes handica-pées ou de personnes âgées, etc.);
ii. délivré à la personne désireuse de retourner sur le marché du travail et non à l'entreprise;
iii. valide pour un an;
iv. offert pour tous les types d'emplois, y compris dans les secteurs public et parapublic ainsi que dans les entreprises syndiquées, après entente avec le syndicat;
v. 'monnayable' contre un salaire selon une formule dite d'un certain pourcentage du salaire jusqu'à concurrence d'un maximum;
vi. transférable d'une entreprise à l'autre aussi longtemps que le temps total passé à l'emploi de l'ensemble des entreprises n'excède pas un an;
vii. assorti de modalités d'application différentes selon les régions.
b) soumettre aux commissions régionales de l'emploi les divers programmes de formation, d'accès à l'égalité, de détermination des critères d'embauche et d'équivalence des acquis s'adressant aux femmes;
c) offrir, par l'intermédiaire des entreprises et de leurs comités de forma-tion, des congés de formation accessibles aux personnes travaillant à mi-temps.
5. offrir des services de garde variés et de qualité;
6. faire en sorte que le milieu éducatif soit porteur de la notion d'égalité;
7. permettre d'avoir le nombre d'enfants que l'on désire;
8. favoriser l'accès des femmes à des postes de pouvoir et de décision;
9. offrir des ressources particulières aux femmes en difficulté.
Les femmes ont souvent à affronter des situations difficiles pour lesquelles elles ont besoin d'une aide que les ressources traditionnelles ne sont pas en mesure de leur fournir. Au fil des ans, des groupes de femmes se sont formés pour leur offrir le soutien nécessaire afin de briser l'isolement des femmes et leur permettre d'agir face à des situations difficiles : dépression, toxicomanie, pauvreté, chômage, agressions sexuelles, violence conjugale et familiale, etc. Ces groupes d'entraide ont acquis une compétence considérable dans la réinsertion sociale des femmes et leur prise en charge. Parce que ce travail est essentiel et qu'il apporte une solution utile, il faut:
- reconnaître les compétences de ces groupes de femmes dans leurs rôles d'éducation et de prévention auprès des femmes et améliorer grandement leur financement afin de leur permettre de planifier leurs activités sur trois ans;
- maintenir la diversité des ressources et faire en sorte qu'elles soient accessibles tant en milieu rural qu'en milieu urbain. Faire connaître ces ressources alternatives aux femmes, au public en général, aux institutions et aux divers intervenants et intervenantes.
C. Les aînés La question des aînés est une problématique qui prend beaucoup d'importance en cette fin XXe siècle. Au cours des dernières décennies, nous avons réussi à augmenter l'espérance de vie mais sans suffisamment tenir compte de la qualité de vie qui s'y rattache.
Comment le Québec se comportera-t-il devant l'augmentation importante de cette populaion? A-t-il les ressources nécessaires pour répondre aux besoins de ces citoyennes et de ces citoyens' Comment sa volonté politique se manifestera-t-elle? Quelles solutions envisagera-t-il? Investira-t-il dans leur savoir-faire et leur expérience? Les considère-t-on comme des citoyens et des citoyennes à part entière?
La personne âgée, au même titre que l'enfant, l'adolescent ou l'adulte, a droit au bien-être et au bonheur. Ce droit, aux multiples facettes, ne peut se réaliser que si l'on s'asssure que la personne agée participe pleinement à la vie collective.
1. DES PROGRAMMES POUR LES AÎNÉS
1.1 La conception et la mise en place de programmes destinés aux aînés doivent être assurées prioritairement par eux à titre de personnes rémunérées ou bénévoles.
1.2 Des programmes différents doivent être préparés pour les aînés selon leurs besoins. Une politique de vieillissement doit être établie en respectant et en encourageant l'autonomie des aînés. Les programmes doivent s'adapter avec souplesse à chaque catégorie d'aînés, viser leur croissance personnelle et assurer leur intégration optimale à la communauté.
1.3 Les aînés devront être considérés comme des agents de réflexion et de changement en mesure de contribuer efficacement à l'élaboration et la réalisation d'une société conviviale, cultivée et créatrice.
1.4 Le 'vieillir chez soi' sera favorisé en coordonnant les interventions socio-sanitaires et celles en matière d'habitation.
1.5 Le maintien à domicile favorisera l'implication des proches; on veillera à leur fournir un soutien particulier à cet effet.
1.6 La SHQ devra réviser tous les paramètres de ses programmes actuels afin qu'ils répondent davantage aux besoins des aînés.
1.7 Les municipalités exerceront un contrôle sur la mise en oeuvre de projets résidentiels destinés aux aînés.1.8 Des normes de construction et de restauration seront édictées pour assurer une plus grande flexibilité des logements pour ce qui est de l'adaptation à la perte graduelle d'autonomie.
1.9 Le développement de nouvelles activités économi-ques tenant compte du vieillissement de la main-d'oeuvre devra être privilégié dans le cadre d'une politique globale d'emploi et de formation professionnelle.
1.10 Les programmes de retraite et de sécurité de vieillesse et de supplément de revenu garanti rapatriés du gouvernement fédéral, y compris le Régime des rentes et le supplément de remplacement du revenu, seront maintenus et améliorés.
1.11 Un programme d'aide, différent de l'aide sociale sera mis en place. Il s'adressera aux travailleuses et aux travailleurs âgés de 55 à 65 ans dans l'impossibilité de trouver un emploi après une fermeture d'usine ou une mise à pied. Il s'appliquerait aux travailleuses au foyer qui se retrouvent seules dans l'incapacité de trouver un travail. Ce programme sera soumis à un examen de revenu.
1.12 Le partenariat État-entreprise sera encouragé pour assurer le maintien au travail à temps partiel et la prise graduelle de la retraite.
1.13 En collaboration avec les personnes âgées, le gouvernement coopérera avec les muni-cipalités et les commis-sions de transport afin d'adapter les transports en commun à leur mobilité réduite et à leurs besoins en sécurité et de permettre l'accès universel à des services de coordination interrégionale.
1.14 Le gouvernement du Québec devra coopérer avec les municipalités, les corps policiers ainsi que les organismes communautaires formés d'aînés afin de prévenir la violence faite aux aînés.
2. LES AÎNÉS ET L'ÉDUCATION
2.1 Reconnaître l'importance de l'éducation pour le développement global des gens du troisième âge et faciliter l'accès à la formation aux différents niveaux.
2.2 Encourager chez les aînés l'acquisition de connaissances reliées entre autres aux nouvelles technologies de l'information et des communications, de façon à mieux maîtriser leur environnement et à mieux suivre l'évolution de la société.
3. LES AÎNÉS EN PERTE D'AUTONOMIE
3.1 Favoriser le soutien des aînés en perte d'autonomie par les aidants naturels.
3.2 Fournir une formation adéquate à ces aidants.
3.3 Encourager par des mesures financières fiscales ou autres ce type de soutien aux des aînés.
3.4 Rendre disponibles des centres de répit et des centres de jour pour soutenir l'action des aidants naturels.
3.5 Faciliter pour les aidants naturels l'accès à des logements près des aînés.
3.6 Rendre des services de repas à domicile disponibles pour les aînés en perte légère d'autonomie et leur donner la possibilité de prendre périodiquement des repas en groupe.
D. Les personnes handicapées ou en perte d'autonomie Déjà, par le passé, le Parti Québécois a porté une attention particulière aux personnes handicapées ou en perte d'autonomie. Rappelons-nous le 23 juin 1978, jour où le Parti Québécois a fait adopter par l'Assemblée nationale la loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées (L.R.Q., chapitre E-20.1). Cette loi doit faciliter l'intégration scolaire, professionnelle et sociale de ces personnes en leur permettant une plus grande autonomie.
À l'aube du XXIe siècle, le Québec est confronté à une réalité sociale importante. En effet, la majorité des personnes handicapées ou en perte d'autonomie sont toujours aux prises avec des problèmes majeurs et font l'objet de discrimination.
Voici une partie des problèmes auxquels ces personnes se trouvent confrontées:
- La différence d'intégration ou de réinsertion des personnes handicapées ou de celles qui le deviennent en cours d'emploi et qui subissent des mises à pied (pratique de plus en plus fréquente de la part des employeurs des secteurs public et privé).
- Le chômage élevé chez les personnes handicapées ou en perte d'autonomie.
- L'accès limité aux endroits publics pour la majorité des personnes qui ont une mobilité restreinte dans leurs déplacements.
- Le faible soutien pour le maintien à domicile de ces personnes. Le Programme d'aide à domicile de la Société d'habitation du Québec est un processus lourd et bureaucratique. Les programmes offerts se concrétisent dans des délais parfois interminables de un à deux ans, contraignent les personnes à recourir à d'autres solutions soit en milieu hospitalier ou en centre d'accueil pour pallier le manque d'espace et d'autonomie à domicile.
- Le peu de ressources pour les jeunes et les adultes handicapés dans les écoles et les problèmes d'intégration dans un programme scolaire.
Par ailleurs, le travail déjà amorcé en juin 1978 nécessite une révision en profondeur pour continuer à améliorer l'autonomie, le développement social et économique des personnes handicapées.
Pour atteindre cet objectif, nous proposons de :
1. former un comité national de vigilance pour la promotion et la défense des droits des personnes handicapées du Québec. Ce comité aura pour mandat de:
a) réévaluer et réorganiser des organismes gouvernementaux au service des personnes handicapées;
b) redéfinir les orientations de chaque programme afin d'éviter les conflits de juridiction;
c) s'assurer que toutes les mesures particulières prévues au programme concernant les jeunes, les femmes et les aînés soient aussi intégrées pour que l'équité soit assurée;
2. prévoir l'élaboration d'un bottin des ressources qui pourra orienter toute personne qui a un handicap à un moment ou à un autre de sa vie. Le bottin devra être établi en fonction des ressources disponibles dans chaque MRC ou communauté urbaine.
Devant le virage ambulatoire et les réformes socio-économiques en cours, cette dernière proposition ne fera que renforcer les mesures déjà amorcées. Il faut que nous soyons conscients que les personnes handicapées font partie d'un groupe des plus démunis de notre société.
Par ce projet, nous aiderons les personnes handicapées à garder leur autonomie et leur dignité dans notre société. De ce fait même, ces personnes contribueront au développement collectif du Québec.