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L'économie circulaire ou viser le « zéro déchets »

Publié le 24 novembre, 2017


L'économie circulaire ou viser le « zéro déchets »

La question environnementale n'a jamais été autant au c?ur de nos préoccupations. Les ressources de la planète sont limitées et il faut admettre que la capacité de celle-ci à absorber les déchets que nous produisons s'essouffle. Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler de l'économie circulaire comme moyen de renverser la vapeur. De quoi s'agit-il et comment l'appliquer dans nos modes de vie? Survol de la question.

Le jour du dépassement planétaire

On parle souvent de l'empreinte écologique pour désigner la superficie de terres productives et d'eau de la planète nécessaire pour répondre à nos besoins de consommation. Pour quantifier cette empreinte, l'organisme Global Footprint Network calcule chaque année le « jour du dépassement de la Terre », soit la date à laquelle nous commençons à consommer davantage de ressources que celles que la planète est capable de régénérer d'elle-même. À compter de cette date, nous dépassons sa capacité à produire suffisamment de ressources pour suffire. Or, ce jour ne cesse de reculer. Par exemple, alors qu'en 2000, Global Footprint Network établissait le jour du dépassement au 1er novembre, en 2010, ce jour a reculé au 21 août. En deux mots, nous vivons au-dessus de nos « moyens » sur le plan environnemental.

De l'économie linéaire à l'économie circulaire

Le modèle de consommation tel que nous le connaissons depuis des décennies est dit « linéaire », c'est-à-dire que l'être humain puise dans les ressources naturelles de la planète pour produire les biens et les services qu'il consomme pour ensuite les jeter. En résumé, notre mode de consommation consiste à « extraire, produire, consommer et éliminer », un modèle qui, nous le réalisons de plus en plus, atteint ses limites. Limite quant aux ressources disponibles. Limite quant à la capacité de la planète à absorber les déchets.

L'économie circulaire offre une solution intéressante à cet égard. La clé de ce nouveau modèle? L'optimisation. Plus concrètement, il s'agit de réutiliser, de réparer, de rénover et de recycler pour utiliser au maximum les ressources entrant dans la composition des biens que nous consommons et en extraire le moins possible. L'objectif : faire en sorte que les déchets découlant de l'utilisation des ressources soient pratiquement inexistants et, par le fait même, limiter au minimum la consommation des ressources disponibles sur la planète. L'idéal que nous poursuivons avec l'économie circulaire est d'atteindre le « zéro déchets », mais aussi la consommation minimum de ressources vierges, voire l'arrêt de l'extraction des matières fossiles.

Des principes à appliquer au quotidien

Ainsi, en clair, il s'agit de remplacer le jetable par du durable, y compris le fait de remettre en question nos habitudes de consommation, par exemple en remplaçant l'achat de certains biens par des services ou en évitant d'acheter des objets parfois superflus. Pour repousser l'échéance à laquelle nous aurons épuisé les ressources disponibles sur la planète, nous devons intégrer les principes visant à réduire la quantité de ressources naturelles que nous utilisons et à limiter les déchets que nous produisons. Les façons d'y arriver sont nombreuses. Voici quelques idées pour intégrer les principes de l'économie circulaire :

  • Miser sur des biens qui sont issus de ressources facilement renouvelables.
    Par exemple, dans nos travaux de rénovation, on peut opter pour la récupération de matériaux ou pour des matériaux issus de la consommation responsable, entre autres en achetant du bois provenant de forêts bien gérées ou pour des essences à croissance rapide, comme le bambou. Au terme de leur usage, ceux-ci pourront être réutilisés pour la fabrication d'autres biens, et ainsi de suite.

  • Emprunter plutôt qu'acheter systématiquement.
    Un seul objet peut ainsi servir à plusieurs personnes. Une pratique vieille comme le monde et qui a pourtant plus que jamais sa raison d'être : opter pour l'emprunt de livres à la bibliothèque plutôt que pour l'achat de livres, dont le papier vient nécessairement de forêts.

  • Dématérialiser.
    Offrir un service, une activité, comme une sortie au théâtre, plutôt qu'un objet inutile offre plusieurs avantages, dont ceux de consommer moins de ressources nécessaires pour fabriquer l'objet, d'éviter de produire un déchet ou un encombrement tout en apportant une expérience instructive et agréable.

  • Choisir le partage.
    De plus en plus courant, ce mode de consommation permet à la fois de faire des économies puisque plusieurs personnes choisissent de partager certains objets utiles. Mettre en commun la souffleuse, la tondeuse, la perceuse ou encore la voiture peut être un bon moyen d'éviter la surconsommation tout en favorisant les économies. Que des gagnants!


  • Éviter les emballages.
    Les contenants, les sacs, le papier, etc. De plus en plus, de nouveaux commerces proposent des services axés sur le remplissage de nos contenants afin d'éviter le suremballage. Gardons l'?il ouvert pour repérer les épiceries « zéro déchets » ou autres commerces qui encouragent ce mode de consommation.

  • Privilégier les entreprises qui ont introduit des pratiques responsables dans leurs modes de fabrication.
    De plus en plus de fabricants de biens ? de vêtements, d'équipements électroniques, de voitures et autres - puisent dans les déchets que nous produisons pour faire d'autres biens neufs. Vos jeans et vos chandails usés pourraient connaître une deuxième vie et entrer dans la fabrication d'autres articles mode tout aussi élégants! Certains fabricants d'automobiles des quatre coins de la planète investissent actuellement en recherche pour réutiliser les composantes de véhicules hors d'usage pour en concevoir de nouveau. À surveiller!

  • Placer ses investissements dans l'économie responsable.
    Selon une étude de la firme d'investissement montréalaise CoPower, présentée ce mois-ci au Social Finance Forum, à Toronto, nos investissements financiers ont potentiellement deux fois plus d'impact que tous nos choix de consommation réunis. Demander ces placements à votre conseiller financier est une bonne idée, même si les options sont encore limitées. Cela ne doit évidemment pas nous empêcher d'améliorer nos autres comportements, sur lesquels nous avons la pleine maîtrise!

Bien sûr, revoir nos modes de consommation nécessite une bonne part d'adaptation et surtout un changement de perspective. En comprenant mieux les répercussions de nos décisions quotidiennes, il est facile de trouver des façons amusantes de mieux consommer et de nous donner des défis inspirants. Si tout le monde met en commun ses efforts, nous serons collectivement gagnants. Chez UNI, nous y croyons. Au fond, la vraie richesse est celle qui se partage!

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