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Impact de la crise financière au Nouveau-Brunswick?

Publié le 17 décembre, 2020


Impact de la crise financière au Nouveau-Brunswick?

Premier de classe pour sa gestion de la première vague de la pandémie de COVID-19, le Nouveau-Brunswick a néanmoins dû se soumettre à des mesures radicales qui ont freiné son économie. Où en est-on aujourd’hui? On fait le tour de l’impact de la crise sanitaire sur l’économie du Nouveau-Brunswick à l’aide des données sur le taux de chômage, les déficits gouvernementaux et le taux d’épargne des ménages.

Chômage et déficit : le Nouveau-Brunswick s’en sort plutôt bien

D’un océan à l’autre, le taux de chômage et le déficit sont à la hausse, mais au Nouveau-Brunswick, le taux d’emploi a seulement baissé de 2,3 % depuis le début de la pandémie. Plus précisément, le taux de chômage du Nouveau-Brunswick est actuellement de 10,1 %, ce qui représente en fait une amélioration de 3 % depuis le mois d’avril, au plus fort de la première vague.

Une tendance comparable s’observe à l’échelle du Canada. En avril 2020, 5,5 millions de travailleurs canadiens étaient directement touchés par une baisse du nombre d’heures travaillées, la perte d’emploi ou l’absentéisme involontaire. Or, en octobre, la proportion de Canadiens touchés par la crise financière était passée à 1,1 million, selon Statistique Canada. Dans les circonstances, il s’agit d’une bonne nouvelle!

La réponse provinciale à la pandémie : passage obligé, mais coûteux

Malgré un retour en force surprenant au cours de l’été, le Nouveau-Brunswick s’attend à une décroissance du produit intérieur brut réel équivalant à -4,3 % pour 2020. Avec un déficit prévu de 299,2 millions pour 2020-2021, sa dette nette sera portée à 14,1 milliards. L’augmentation des dépenses en réponse à la pandémie a naturellement fait exploser le budget de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Par ailleurs, le Nouveau-Brunswick compte un nombre de PME supérieur à la moyenne canadienne. Le sens de l’entrepreneuriat et la vitalité des entreprises locales sont des sources de fierté pour les Néo-Brunswickois. Malheureusement, les petites entreprises sont plus à risque que les grandes en temps de crise, entre autres en raison de la baisse de disponibilité de leur main-d'œuvre et de leurs actifs.

L’épargne dans ce nouveau contexte économique

Une partie de la population est certes très durement touchée par la crise, mais d’autres réussissent à tirer parti des économies forcées par l’arrêt d’une bonne partie de leurs activités. En effet, on ne dépense presque plus en loisirs, en sorties et en déplacements. De plus, les gouvernements ont injecté de l’argent dans l’économie pour éviter l’hécatombe. Résultat, le taux d’épargne des ménages canadiens au 2e trimestre a grimpé à 28,2 %, soit presque 25 % de plus qu’à pareille date l’an dernier. Du jamais vu!

Une partie de ces économies est investie en Bourse, marché qui ne cesse de surprendre par sa vigueur. Le marché immobilier a aussi été très florissant au cours de l’été. Après une remontée fulgurante de mai à août, l’économie a cependant à nouveau ralenti avec l’arrivée de la 2e vague et le retour de mesures restrictives. Heureusement, les récentes baisses ont été plus que contrebalancées par la hausse des transferts gouvernementaux, comme la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et les subventions aux entreprises qui permettent de maintenir des emplois.

Alors que plusieurs ménages parviennent ainsi à déjouer le sort et améliorer leurs perspectives économiques individuelles, certains secteurs d’activité souffrent. L’épidémie a beau être mieux contrôlée au Nouveau-Brunswick que dans plusieurs autres provinces, les domaines du tourisme et de la restauration, par exemple, restent fortement touchés par ce qui se passe ailleurs.

Prévisions économiques : après la pluie, le beau temps?

Plus tôt cette année, la Banque mondiale a parlé de la pire crise depuis la Grande Dépression des années 1870, principalement à cause de son ampleur planétaire et de la rapidité avec laquelle elle a frappé de nombreux pays. Ce genre de crise ne peut que peser sur la capacité de croissance des économies mondiales.

L’économie canadienne est ébranlée par l’épidémie de COVID-19. Selon la banque centrale du Canada, l'année 2020 se terminera sur un recul économique de 6,8 %. Par contre, ses prévisions sont plus optimistes pour la suite : la croissance du produit intérieur brut pourrait atteindre 5,1 % en 2021 et 3,7 % en 2022.

Le secteur des services risque de ne jamais récupérer les pertes causées par l’arrêt quasi complet de leurs activités. Un repas non servi restera un repas non servi, et un spectacle annulé, si tant est qu’il est repris, n’attirera pas une foule plus dense qu’avant la pandémie.

Solidarité et planification

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a préparé un plan de relance pour positionner la province de manière à attirer des investissements et offrir des services à la population. Des acteurs économiques ont joint leurs voix pour proposer des manières de stimuler la relance. Par exemple, la Chambre de commerce maritime (CMC) suggère d’améliorer la sécurité et l’efficacité du transport maritime, ce qui devrait créer des emplois. Bref, pour contrer l'ennemi commun, les Canadiens se serrent les coudes et la relance s’organise.

Acheter local pour stimuler la reprise

On aurait préféré que cela se produise autrement, mais la crise aura potentiellement quelques effets positifs durables, dont le virage numérique. La transformation radicale de l’organisation du travail prépare les entreprises au monde de demain en favorisant leur capacité d'adaptation en situation de crise et en valorisant le télétravail.

Même si les Canadiens prévoient dépenser près de 20 % de moins que l'année dernière, on les encourage tout de même à soutenir l’économie locale. Avec le commerce en ligne, on peut facilement acheter tous nos cadeaux sur Amazon, mais on peut aussi résister à la tentation et acheter localement. La majorité des entreprises ont pris le virage numérique depuis le printemps dernier. C’est le moment d’encourager votre restaurant préféré ou votre librairie locale!

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