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Monik Noël : l'entrepreneuriat au féminin dans un monde d'hommes

Publié le 09 mai, 2022


Monik Noël : l'entrepreneuriat au féminin dans un monde d'hommes

Dans notre série de portraits Femmes entrepreneures, on vous présente des entrepreneures acadiennes d’exception dont l’engagement auprès de la communauté a des retombées positives sur la population. Pleins feux sur leur histoire inspirante!

Issue d’un milieu foisonnant d’entrepreneurs, Monik Noël semble prédestinée depuis son plus jeune âge à gérer un jour sa propre entreprise. Près de dix ans après avoir pris les rênes de la Maison du Tapis, dans la région du Grand Caraquet, elle nous fait part de son parcours et de sa vision de l’entrepreneuriat au féminin.

Une femme d’affaires passionnée d’administration

Monik Noël tombe dans la potion des affaires lorsqu’elle est petite. Ses oncles du côté maternel et paternel et son père ont été entrepreneurs; rapidement, son milieu teinte ses ambitions. « Je crois que j’ai toujours voulu avoir mon entreprise, même si au départ, c’était inconscient. C’était clair que j’allais suivre le même chemin. »

Un diplôme en technique administrative du Centre universitaire de Shippagan plus tard, elle travaille du côté de la comptabilité dans diverses sociétés. Après avoir géré pendant 8 ans une entreprise d’asphalte, elle prend son élan pour le grand saut : devenir patronne. C’est ainsi qu’elle se retrouve en 2012 à la tête de la Maison du Tapis, une entreprise spécialisée en recouvrements de sol.

Entrepreneure d’abord et avant toutMonik Noel

Qu’est-ce qui mène la femme d’affaires à faire l’acquisition de cette entreprise déjà bien établie depuis 1970? « À ce moment-là, je souhaitais avoir mon entreprise, peu importe laquelle, et le propriétaire de la Maison du tapis était sur le point de prendre sa retraite. J’ai fait une offre et après quelques négociations, elle fut acceptée! 

Connaissait-elle bien le milieu de la décoration et des recouvrements au moment de la transaction? Pas de tout! Ce qu’elle ne perçoit d’ailleurs pas comme une lacune, mais plutôt comme une occasion rêvée de faire équipe avec les employés déjà en place. « Moi, je suis une gestionnaire, et je suis à l’écoute de l’expertise des employés en ce qui a trait aux produits et à la décoration. À mon arrivée, j’ai gardé l’équipe déjà en poste et j’ai appris. Je me surprends moi-même : je me débrouille assez bien! »

Le travail d’équipe et une approche humaine : des clés pour être heureuse en affaires

Monik Noël l’affirme d’emblée : on ne peut pas faire cavalier seul quand on se lance en affaires. « Peu importe le type d’entreprise, le travail d’équipe est primordial. Mon mot d’ordre est la collaboration. D’ailleurs, j’emploie beaucoup plus souvent le terme “collègues” que le terme “employés”, parce qu’on travaille tous ensemble. Ce ne sont pas que mes idées qui sont bonnes, et même si ultimement c’est moi qui tranche, je prends le temps d’écouter et de considérer celles des autres. Je crois qu’ils sont reconnaissants de voir leur participation valorisée. »

Même son de cloche du côté client : leur satisfaction passe par l’écoute dont on fait preuve. « Notre approche est humaine. Il faut prendre le temps de saisir les goûts des clients, leur budget, leurs attentes. On va leur suggérer des options, mais c’est à eux que revient la décision finale. C’est de leur maison qu’il s’agit, et il faut respecter ce qu’ils aiment. »

Donner de son cœur et de son temps sans compter pour son projet d’entreprise

Pour réussir en affaires, elle ne s’en cache pas, l’entrepreneure donne des heures sans compter. « Je suis dévouée à mon entreprise et j’y mets le temps exigé. Qu’on soit un homme ou une femme en affaires, si on y met du cœur et du temps, si on croit en soi et en ses rêves et qu’on ne se laisse pas décourager par ceux qui nous disent que ça ne fonctionnera pas, on va réussir. Mais il faut être prêt à y consacrer beaucoup de temps. »

S’écouter est également essentiel. « Malgré la fatigue, il ne faut pas abandonner : il faut se reposer et continuer. Dans bien des cas, ce qui fait la différence entre l’échec et le succès, ce ne sont pas les aptitudes, mais l’attitude! »

Se lancer en affaires dans un monde d’hommes

Les gens sont-ils surpris de voir une femme propriétaire dans le domaine des recouvrements? L’étonnement est perceptible au départ, mais les clients et les fournisseurs s’adaptent rapidement. Il faut dire que l’entrepreneure arrive avec un solide bagage!

« J’ai toujours travaillé dans un domaine d’hommes : 8 ans dans une entreprise d’asphalte et 12 ans dans des entreprises de construction, à la comptabilité. Ça s’est toujours bien passé, j’ai toujours senti un très grand respect de la part de mes collègues. Alors avec mon expérience, ce n’était pas intimidant pour moi de devenir entrepreneure dans un milieu typiquement masculin. J’avais toujours été bien acceptée, » raconte-t-elle.

Si elle sent parfois qu’une femme doit mettre les bouchées doubles pour faire ses preuves avant qu’on lui fasse entièrement confiance, elle considère que les hommes et les femmes sont davantage des alliés que des adversaires en affaires. « On n’a pas tous les mêmes forces; il faut se compléter et non se faire concurrence. Le mode d’action des hommes est peut-être plus réactif que celui des femmes, qui prennent plus de temps pour réfléchir avant d’agir, mais si on est passionné et investi, le résultat sera le même. C’est la réussite ou l’échec, pour tout le monde. »

Le transport et la pénurie de main-d’œuvre : les principaux défis de la femme d’affaires

Travaillant dans une région passablement éloignée, Monik Noël est confrontée à un enjeu de taille : le transport. « Tous nos produits viennent du Québec, de l’Ontario ou des États-Unis, alors on est à la merci de la disponibilité des produits et du transport. Avec la pandémie, c’est encore plus difficile. Il y a plus de choses en rupture de stock et les délais sont vraiment plus longs. Heureusement, la majorité des clients sont compréhensifs. »

Le manque de main-d’œuvre est également un défi de tous les jours. Les candidatures ne se font pas attendre pour des postes relevant de l’administration, mais il en va autrement pour le service à la clientèle dans le domaine spécialisé des recouvrements. « On s’est adaptés en diminuant les heures de travail pour être sûrs de pouvoir offrir le meilleur service au client, sans se brûler. On a ajusté les horaires. »

Un prix de la relève entrepreneuriale pour couronner le succès

En 2019, Mme Noël reçoit le prix de la Relève entrepreneuriale de la Chambre de commerce du Grand-Caraquet. Une reconnaissance qui vient confirmer qu’elle fait les bons choix pour son entreprise.

« Si tu achètes une entreprise, ce n’est pas pour qu’elle reste au même point. Il faut que tu apportes tes idées pour l’amener encore plus loin. C’est sûr que recevoir cette reconnaissance, c’est valorisant. C’est agréable de voir son travail reconnu par ses pairs. En plus, cette même soirée, mon fils a gagné le prix Jeune entrepreneur. On a pu vivre ça ensemble! »

Depuis qu’elle est à la tête de l’entreprise, celle-ci a connu une croissance tant sur le plan des effectifs que de la surface occupée, puisqu’un entrepôt plus fonctionnel est venu s’ajouter à l’espace existant. « UNI nous a permis de grossir. Comme c’est une institution financière locale, tout est plus facile. Ils sont venus sur place pour évaluer mes projets, ils sont bien au fait de ce qui se passe dans la communauté et ils connaissent parfaitement la région. C’est un très bon partenaire pour aller de l’avant! »

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