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Portrait d'entrepreneur : les initiatives de René Trailer Sales pour braver la crise

Publié le 11 août, 2020


Portrait d'entrepreneur : les initiatives de René Trailer Sales pour braver la crise

La crise des derniers mois a frappé fort : petites, moyennes ou grandes, nombreuses sont les entreprises du Nouveau-Brunswick qui se sont retrouvées face à d’imposants défis. Pour l’entreprise de vente de véhicules de plaisance de Marc Perron, propriétaire de René Trailer Sales, la fermeture des frontières provinciales marque un tournant important. Portrait de cette entreprise de Campbellton qui a su faire de la limonade avec les citrons que la vie lui a donnés.

Une crise aux conséquences immédiates

D’entrée de jeu, M. Perron le confirme : « La crise a eu un impact immédiat et a porté un coup dur à notre entreprise , entre autres parce qu’on n’avait aucune idée du temps qu’elle durerait, mais surtout à cause de l’annonce de la fermeture des frontières. » Une réalité qui très rapidement pose un problème de taille pour l’entrepreneur à une période de l’année où les premières commandes de véhicules récréatifs sont normalement passées en vue de la saison estivale.

« Quand les frontières ont été fermées en mars, on a eu d’importantes décisions à prendre, nous qui faisons venir toutes nos roulottes des États-Unis. Par mesure de précaution, nous avons mis toutes les commandes sur pause. » Ce retard dans l’approvisionnement pourrait être rattrapé plus tard au cours de l’été, selon l’entrepreneur.

Survivre quand on coupe les ponts avec sa clientèle principale

Un seul pont sépare la ville acadienne de Campbellton, au Nouveau-Brunswick, de celle de Pointe-à-la-Croix, en Gaspésie. Un pont qui relie deux provinces distinctes, mais une communauté qui, elle, est unie. La fermeture du pont J. C. Van Horne, lien stratégique permettant de traverser la rivière communément appelée La Restigouche, signifie pour M. Perron une coupure nette avec sa clientèle principale : « La clientèle gaspésienne représente près de 70 % de mon chiffre d’affaires; ce marché est essentiel à la survie de mon entreprise. »

Diviser deux communautés interdépendantes

Selon Marc Perron, les communautés de Campbellton et de Pointe-à-la-Croix sont soudées. Les diviser est, à ses yeux, un véritable non-sens. « C’est comme si tout à coup on divisait le Grand Moncton de Riverview : c’est impensable! Nous sommes très proches, et ma réaction a été immédiate : je dois me rendre à eux et trouver une façon de garder le contact avec ma clientèle gaspésienne, qui ne peut plus se déplacer jusqu’ici. »

En mai, face à une baisse importante des ventes, René Trailer Sales prend donc un virage décisif : celui d’ouvrir un point de vente à Pointe-à-la-Croix.

Mise en place d’un nouveau système

Comment arriver à orchestrer des changements majeurs en temps de crise? À ce sujet, l’entrepreneur répond en toute sincérité : « Beaucoup de travail et beaucoup d’organisation et de persévérance. J’ai trouvé une place où installer une salle d’exposition et un bureau dans le complexe d’un centre d’entraînement de Pointe-à-la-Croix, fermé pour les raisons que nous connaissons. Une entente avec la propriétaire m’a permis de m’y installer pour recevoir ma clientèle. »

Une journée type du nouveau quotidien chez René Trailer Sales

Même pour les commerçants, les frontières sont difficiles à traverser, une réalité à laquelle l’entreprise de Campbellton se bute dès le début de la crise. Maintenant plus facile à franchir, le pont qui relie les deux provinces est devenu central pour René Trailer Sales.

La vente en version « On the road »

« J’ai dû diviser ma flotte en deux et trouver des employés qui peuvent travailler dans nos nouveaux locaux en Gaspésie », explique M. Perron. Avoir une partie de sa marchandise d’un côté et le reste de l’autre signifie inévitablement beaucoup de va-et-vient, une donnée qui berce maintenant le quotidien du propriétaire.

« Si un client de Pointe-à-la-Croix voit un véhicule qui l’intéresse sur notre site Internet, et que celui-ci se trouve à Campbellton, on doit le transporter jusqu’à lui afin qu’il puisse le visiter, et vice-versa. En moyenne, on traverse la frontière une dizaine de fois par jour, qu’il s’agisse de vente ou de réparation. Mon fils, mes employés et moi… tout le monde fait la route! »

Un soutien financier pour composer avec les changements

À l’instar de nombreuses petites et moyennes entreprises néo-brunswickoises, René Trailer Sales s’est retrouvé dans une posture financière précaire en raison des événements des derniers mois. Le ralentissement économique enclenché par la crise , conjugué à l’importante restructuration de l’entreprise, a exposé Marc Perron et son équipe à d’importants enjeux financiers.

UNI et le gouvernement : des partenaires qui répondent « présents »

La première étape a été pour M. Perron de demander la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) afin de conserver ses employés en poste malgré sa baisse de revenus. Une mesure gouvernementale qui lui a permis de couvrir 75 % du salaire de son équipe.

Or, selon le propriétaire, c’est le Compte d’urgence des entreprises du Canada (CUEC) offert en partenariat avec UNI qui a fait toute la différence : « Ce prêt de 40 000 $, qui comprend une exonération de 10 000 $, m’a donné la liquidité nécessaire à la mise en œuvre de changements cruciaux. Le fait de ne pas avoir à le rembourser en totalité, quand on n’a aucune idée de ce qui nous attend, est un avantage qui pèse très lourd dans la balance ».

La vente en ligne : un allié de taille en temps de pandémie

Sur le site Internet de René Trailer Sales, on peut lire ce qui suit : Acheter votre VR en ligne, Nous livrons et Tout est fait par courriel et téléphone. Cette initiative lancée avant la crise sanitaire porte aujourd’hui plus que jamais ses fruits.

La situation mondiale a été pour Marc Perron l’occasion d’optimiser son offre et son service numériques : « Le système de vente en ligne était déjà en place, mais nous l’avons beaucoup amélioré. Dans le monde du VR, Internet est un outil de vente essentiel. C’est le premier endroit où les clients potentiels se rendent pour magasiner un véhicule. C’est grâce à cette plateforme qu’on peut se montrer présent sur le marché et attirer les consommateurs avec des produits intéressants. »

Au cours des derniers mois, il y a eu beaucoup de changements dans le décor. Autrefois bondée de clients à la recherche de la roulotte parfaite, la cour de René Trailer Sales est maintenant presque vide. Pourtant, sur Internet, l’activité n’a jamais été aussi grande. En effet, c’est là que le marché s’est principalement déplacé, et c’est là que se trouve l’avenir, selon l’entrepreneur de Campbellton.

Des changements positifs : quand l’adversité nous fait avancer

Quand Marc Perron jette un regard sur la situation actuelle, il se rend compte qu’il n’y aura pas de retour en arrière : « L’ouverture de la salle d’exposition de Pointe-à-la-Croix a été plus que déterminante, et je me vois aujourd’hui conserver ce point de vente à long terme. De cette manière, je peux vraiment assurer l’avenir de ma business, peu importe ce qui arrivera demain. Maintenant, il s’agit surtout de faire savoir au plus grand nombre de clients possible que nos services y sont offerts. »

La vente de VR : un marché prometteur

Même si les frontières sont toujours fermées et que la baisse considérable de touristes se déplaçant en VR dans la province a fait chuter les demandes de réparations, l’industrie du véhicule récréatif se porte bien. « Les ventes de roulottes ont beaucoup augmenté à l’échelle nationale, puisque les gens voyagent maintenant localement et veulent éviter de séjourner dans les hôtels », explique M. Perron.

Des lendemains prometteurs pointent à l’horizon, dans un monde où le tourisme doit se réinventer afin de surmonter les défis sanitaires éveillés par la pandémie.

Dans un climat d’instabilité et de doute, René Trailer Sales fait partie des entreprises de la province qui ont su tirer leur épingle du jeu. En attendant patiemment la réouverture des frontières, Marc Perron et son équipe traversent le pont J. C. Van Horne à la rencontre de leur clientèle la plus fidèle, en espérant que nos politiciens pourront trouver des solutions plus viables au maintien du commerce local.

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