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Prix littéraire Antonine-Maillet : les confidences de deux lauréates inspirantes

Publié le 20 novembre, 2018

Prix littéraire Antonine-Maillet : les confidences de deux lauréates inspirantes.

Le 4 octobre 2018 se tenait la 20e cérémonie de remise du Prix littéraire Antonine-Maillet. Entrevue avec la lauréate du Prix annuel 2017, Annie-Claude Thériault, pour son roman « Les filles de l'Allemand », et avec celle du Prix quinquennal remis à une grande dame de la littérature acadienne, Hélène Harbec.

Entrevues avec Annie-Claude Thériault (A.-C.) et Hélène Harbec (H. H.)

Hélène Harbec
Annie-Claude Thériault

UNI : Qu'est-ce qui vous motive à écrire et vous inspire?

H.H. : Il y a une part de mystère, mais j'écris d'abord parce que c'est la meilleure façon pour moi d'être présente au monde. J'écris pour me sentir solidaire, pour prendre le temps de vivre. J'écris parce que c'est dans l'acte d'écrire que je me sens le plus libre. J'écris pour retrouver le silence et la densité des choses vivantes et invisibles. J'entre dans une petite pièce, à la fois matérielle et intérieure, une « chambre à moi » où le monde s'ouvre et où j'ai envie de m'asseoir longuement pour écrire.

A.-C. : J'écris parce que j'aime profondément jouer avec les mots, mais aussi parce que c'est une prise sur le monde. Une façon toujours nuancée, toujours ambiguë, toujours un peu décalée de parler de la condition humaine.

UNI : Que représente la réception d'un prix soulignant la qualité de l'une de vos oeuvres ou de votre parcours d'écrivaine?

A.-C. : C'est un moment précieux, comme il y en a peu dans une vie. C'est euphorisant! Que mon travail d'écriture, qui n'était qu'une passion individuelle, parle, résonne, frappe, emballe d'autres que moi-même était pour moi impossible. C'était inimaginable. Sans ce prix jeunesse, je ne sais pas si j'aurais eu le courage de poursuivre l'écriture de façon publique.

H. H. : Recevoir un prix, c'est d'abord une grande bouffée de joie. Je me sens émue, touchée et remplie de gratitude. J'ai envie de dire merci! Je suis reconnaissante que des personnes se soient penchées sur une oeuvre, l'aient aimée et choisie. Que ces personnes soient de chez nous revêt une grande importance, car j'y vois le signe que notre société reconnaît l'apport de la littérature d'ici. La joie que m'a apportée le Prix continue de m'habiter. C'est un bel encouragement, et je me sens privilégiée de pouvoir exercer le métier d'écrivaine.

UNI : Que signifie pour vous de voir votre nom associé à un prix portant le nom d'Antonine Maillet?

A.-C. : Que ce soit un prix acadien qui porte le nom d'une grande dame des arts a rendu le moment très émotif. Premièrement parce que le Prix porte le nom d'une femme, alors que ce n'est pas tout à fait la norme en littérature, mais aussi parce qu'il m'a été remis devant ma famille, sur le territoire même qui a inspiré mon roman.

H. H. : On ne pouvait imaginer meilleur nom que celui d'Antonine Maillet, grande romancière et dramaturge acadienne, récipiendaire du prix Goncourt, qui a su par sa plume colorée et une langue proche de l'oralité exprimer des mondes d'ici. Il est important de ne jamais oublier d'où l'on vient et de rendre hommage à ceux et celles qui ont ouvert la voie.

UNI : Quel est l'impact d'une distinction littéraire sur votre parcours de création?

H. H. : Plusieurs oeuvres littéraires de qualité peuvent passer inaperçues et ne jamais recevoir de prix. On n'écrit pas pour gagner des prix, même si c'est un bel encouragement quand ça arrive. Je sens que cette récompense ajoute à la confiance, malgré les doutes liés au processus même de création. Ça permet à l'oeuvre d'être mise en lumière, de susciter l'intérêt du public et de développer un lectorat. Quand vient le temps de demander une subvention de création ou de poser sa candidature pour une résidence de création, c'est un avantage de pouvoir signifier qu'un titre ou l'ensemble de l'oeuvre ont été récompensés par un prix.

A.-C. : Bien entendu, nous n'écrivons pas pour les prix. Mais il faut absolument crier haut et fort qu'ils sont précieux. Cette reconnaissance est un tremplin, une main sur l'épaule, un souffle à l'oreille lorsque l'on doute (et c'est toujours le cas). Écrire demande du temps. Écrire semble souvent futile : un château de cartes, une simple voix de plus dans le bruit ambiant. Une distinction littéraire nous rappelle que c'est faux. Qu'il faut prendre ce temps. Que ce n'est pas futile. Que notre voix est particulière, qu'elle touche les coeurs et offre un espace de silence au milieu du bruit.

UNI : Quels conseils donneriez à ceux et celles qui hésitent à faire publier leurs écrits?

H. H. : Si une personne hésite, c'est peut-être parce qu'elle a encore du travail à faire. Il ne suffit pas d'être inspiré, il faut écrire et écrire encore, avoir une disposition, un amour et une grande détermination à travailler avec les mots. Je dirais donc à cette personne qui hésite de faire d'abord confiance à ce qu'elle ressent. Il faut continuer d'écrire jusqu'à ce qu'on sente qu'on a mené notre texte au meilleur de nos capacités, à notre voix la plus juste, au plus près de nous. Autre suggestion : faire lire son texte à un.e auteur.e d'expérience. Et dans le cas des plus jeunes, simplement oser l'envoyer au Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie - Volet Jeunesse! Ça pourrait être le début d'une grande et belle aventure.

A.-C. : Confrontez-vous à l'autre. Écrivez. Lisez. Recevez les regards extérieurs. Réécrivez et lisez à nouveau. Publier n'a pas à être l'objectif ultime de l'écriture, même si c'est un vif stimulant à peaufiner nos écrits. Il faut chercher le meilleur résultat possible et pas seulement à nos yeux, mais aussi au regard des lecteurs.

Pour s'inscrire au concours littéraire 2019 :

Date limite pour la soumission de candidatures : le 31 décembre 2018

Consultez les règlements généraux, remplissez le formulaire d'inscription et faites parvenir votre candidature au :

Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie
295, boul. Saint-Pierre Ouest
Caraquet (NB)  E1W 1B7

Bonne chance à tous!

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